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Le Génépi et l'Argousier

La Colonie des enfants d’Izieu, 1943 – 1944

11 Juin 2014 , Rédigé par Jean-François Publié dans #Izieu, #enfance, #photographie, #Seconde Guerre Mondiale, #rafle, #Klaus Barbie, #Kathel Houzé, #Jean-Christophe Bailly, #Essais, documentaires

La Colonie des enfants d’Izieu, 1943 – 1944

Le Musée mémorial des enfants d’Izieu a été inauguré le 24 avril 1994 par François Mitterrand. Il est appelé aujourd’hui « La Maison d’Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés ». La maison d’enfants fait partie avec l’ancien camp d’internement de Gurs et le Vel d’Hiv à Paris des trois lieux de mémoire nationale des victimes des persécutions racistes et antisémites de l’État français reconnus par le décret présidentiel du 3 février 1993.

Rachetée au début des années 1990, la maison est restée telle qu’elle était lorsque les enfants ont été raflés le 6 avril 1944. Dans une grange voisine un espace muséographique a été crée.

Ce livre documentaire est en fait le catalogue d’une exposition organisée entre juillet 2011 et septembre 2012 à la maison d’enfants. L’ouvrage comporte six parties : une Préface de la présidente de l’association, Rendre Présent, Photographies d’archives et témoignages, Habiter le temps, Les membres de la colonie d’Izieu mai 1943- 6 avril 1944, Repères chronologiques.

Photographies d’archives et témoignages est le cœur de l’ouvrage, puisqu’il regroupe la quasi-totalité des photos disponibles sur les enfants et les adultes qui ont habité cette maison entre mai 1943 et le 6 avril 1944 assorties de témoignages de ceux qui survécus (la plupart ayant quitté la maison avant la rafle, une seule adulte est rescapée des camps de concentration).

Habiter le temps est un texte de Jean-Christophe Bailly qui explore les méandres du Temps et de la Mémoire et insiste sur l’importance du Souvenir et des Histoires. Histoires collectives et individuelles, tragiques et émouvantes qui donnent à ces personnes (enfants et adultes) la possibilité d’une inscription dans une réalité tangible, durable, profondément évocatrice et universelle.

Ensuite sont présentés tous les membres de la colonie en des portraits individuels, un astérisque mentionnant ceux qui furent déportés ; puis des repères chronologiques restituent cette aventure et le drame qui s’en suivit dans leur contexte historique.

Il va sans dire que la lecture de cet ouvrage est émouvante. Les photos et les textes redonnent vie aux enfants et montrent combien, cette parenthèse fut pour la plupart, une pause dans la traque sans fin que les nazis et l’État français avait imposé aux juifs. Une pause heureuse. Une parenthèse humaniste dépourvue de toute considération religieuse. Un espace et un temps qui ont donné aux enfants la possibilité de s’asseoir à nouveau sur les bancs de l’école, de construire des espérances et d’envisager des relations humaines susceptibles d’offrir une place à l’amitié et peut-être aussi à l’amour. Izieu fut un repère où les mots Confiance et Respect ont été autre chose que des concepts creux. Tout cela apparaît sans le recours aux mots : des visages, des sourires, des postures, des accolades traduisent ces sentiments. Mais il est aussi aisé d’apercevoir des inquiétudes, des traumatismes, des blessures, des angoisses latentes, des peurs camouflées, blottis au fond de certains regards.

Combien il est important aujourd’hui de rappeler que tout cela s’est produit en Europe. Et que la création de l’Union Européenne a été voulue pour éviter qu’à nouveau de telles horreurs se produisent… et combien aussi le Front national (ou le Rassemblement Bleu Marine) puise ses racines dans les mouvements qui en France, comme ailleurs en Europe, ont contribué à l’avènement de ces horreurs.

La Colonie des enfants d’Izieu, 1943 – 1944
La Colonie des enfants d’Izieu, 1943 – 1944

La colonie des enfants d’Izieu, 1943 – 1944

Coordination, rédaction : Kathel Houzé, Jean-Christophe Bailly, Libel, 2012 – 20,00 €

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