Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 11:50

 

http://www.sonatine-editions.fr/IMG/artoff67.jpg

Une jeune femme, Léna, travaillant dans le laboratoire municipal de recherche d’empreintes enquête sur des morts subites du nourrisson suspectes. Elle se demande rapidement si ces affaires n’ont pas un lien avec son propre passé. Adoptée très jeune, Léna pense avoir été recueillie et élevée par des singes, suite à un éventuel accident d’avion au cœur d’une forêt tropicale.

Lors de l’enquête, en examinant les enregistrements d’une caméra de surveillance, installée par les parents d’une des victimes, Léna aperçoit une main s’approcher du berceau surmontée d’un pendentif identique au sien, seul souvenir de sa période pré-adoption. L’enquête se réoriente petit à petit autour du passé de la jeune femme.

 

Malgré une écriture assez simple et classique, parfois inutilement descriptive, le suspense est suffisamment entretenu et préservé pour que le lecteur soit tenu en haleine. La double enquête sur les crimes et sur les origines de Léna constitue un procédé efficace. L’enquête criminelle reste de facture classique : criminel et suspects se trouvant dans l’entourage de la jeune laborantine. Léna est empêtrée dans une vie affective tourmentée et déstabilisante : un ex qui cherche à renouer et une mère adoptive dépressive et mutique quant aux origines de sa fille, malgré le danger qui rôde autour d’elle ! C’est l'enquête personnelle de Léna sur ses propres origines qui apporte au roman une réelle originalité et maintient l’intérêt du lecteur jusqu’au bout.

Elle ne réussira à démêler les fils de ces différentes enquêtes qu’en travaillant avec un commissaire, perturbé par un évènement tragique, mais pas insensible aux charmes de la jeune femme.

 

Le livre a paru en poche au Points (8,00 €) : http://www.lecerclepoints.com/images/couvertures/m/9782757821114.jpg 

Les avis de  Jean-Claude, d' Alain sur Noir c'est Noir, de Pimprenelle dans ses carnets de lecture, celui de Lou sur La place du livre et celui de Joëlle sous le Dolmen.

 

 


Origine

 

Diana Abu Jaber, Soantine éditions, 2010, ISBN : 978-2-35584-037-1 ; 22,00 €

 

Par Jean-François - Piqué par 1 moustiques - à vos bafouilles
Communauté : Litterature - Publié dans : Romans
Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 11:38

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQBr6FrjENw-IjExu_DKPuuh4UY7X6SQLVvLOYqwBudLcKesfgg 

 

Un grand merci ! Une de mes collègues connaissant mon goût pour les travaux d’Edmond Baudoin m’a prêté ce livre sans que je ne le réclame. Je l’ai laissé quelques temps au bord de la cheminée à attendre. Je l’avais feuilleté et comme lors de ma première rencontre avec Edmond Baudoin, dessin et mise en page ne m’accrochaient pas suffisamment pour que je plonge dans cette lecture. Et pourtant, le dessin d’ Edmond Baudoin est vraiment formidable, il faut juste prendre le temps et se laisser imprégner par son trait.

Le temps, justement, faisant son affaire et la curiosité l’emportant avant tout, je pris, un soir, le livre entre les mains et sombrais littéralement dans cette histoire étrange et dérangeante, abordant un thème bien délicat, la question de la passion amoureuse entre une adulte et un enfant, et la traitant d’une façon excluant tout sensationnalisme, d’une manière presque banale et pourtant tellement originale. Une histoire qui parle forcément à Edmond Baudoin, où se retrouvent nombre de ces thèmes favoris : la beauté féminine, le dessin, la question de l’art et de l’amour dans la vie, les relations intergénérationnelles, la rencontre de l’enfance avec le monde adulte, l’incompréhension qui subsiste entre ces deux mondes…

 

Voici une histoire d’amour, d’amour interdit entre une jeune femme, étudiante en philo, Aude et un petit écolier de neuf ans, Corentin, bien trop jeune pour vivre comme les adultes.

Ni jugement, ni voyeurisme, tout en pudeur récit et dessin déroulent le chemin de Aude et de Corentin, personnages tourmentés et mal dans leur peau. Prise dans une jeunesse sertie d’angoisses et de questionnements sur ses sentiments, Aude partage sa vie avec Etienne sans être sûre de ce qu’elle ressent pour lui. Certainement pas de l’amour, leurs étreintes manquent de ce feu qu’elle n’a jamais connu mais qu’elle perçoit tout de même… Corentin, lui, est un enfant différent, peut-être hyperactif ? Sa mère ne le supporte plus, ne le comprend plus, en a peut-être un peu peur, elle cherche une baby-sitter pour le garder à la sortie de l’école, certains jours. Aude et Corentin vont se rencontrer. Aude va être surprise par l’enfant, son manque de pudeur, son extrême besoin d’affection, ses désirs secrets qu’il cache à sa mère (la méfiance est réciproque), ses talents d’artiste : il dessine, et souhaite dessiner Aude, de préférence nue. Le père, une « espèce de géant nordique », bien souvent absent, a tissé avec son fils une relation presque fusionnelle. L’arrivée de la jeune femme n’est pas sans perturber ce fragile équilibre et le père observe la jeune femme comme une proie potentielle.

Les désirs de l’enfant vont rencontrer le mal être de Aude et lui fournir une réponse à sa recherche amoureuse. Les instants d’émotion qu’ils vont partager vont les mettre hors normes. Si Aude perçoit le danger inhérent à ce type de relation, elle ne peut rien refuser à l’enfant et se laisse entrainer vers ses désirs où espère-t-elle, peut-être, rencontrer les siens, satisfaire à sa quête d’un amour pur ! Corentin sait que ses parents n’approuvent pas ce type de relation : ils ont déjà renvoyée la précédente baby-sitter prise en flagrant délit. Mais c’est un enfant, et il ne voit pas en quoi aimer quelqu’un est mal !

Aude et Corentin vont s’aimer.

 

 

 

Bénédicte Heim souligne bien que ces deux personnages sont entrés dans un monde exclusif, dont ils sont les deux seuls êtres acceptables, l’autre monde, le profane, devient étranger à ses personnages. Il n’y a qu’en cloisonnant ainsi le monde des conventions, le monde social que peut naitre en opposition un autre monde, par définition replié sur lui-même. Ainsi s’épanouit le microcosme intime, l’univers amoureux, un endroit où le jardin des possibles peut prendre toutes les formes imaginables et notamment celle que le premier monde rejette ! Ce jardin des possibles peut devenir cauchemardesque, c’est le lieu des transgressions. C’est aussi le lieu du récit, du conte, du mythe.

Nombreux sont ceux qui n’ont pu voir dans ce livre qu’un objet horrible, voire délictuel (voir les liens ci-dessous), sans comprendre pourquoi la censure n’a pas fait son œuvre –  l’expliquant au passage par le retournement habile de Bénédicte Heim qui a choisit de parler de pédophilie en donnant à l’adulte le sexe féminin et à l’enfant le sexe masculin, comme si de cette façon la censure fermerait les yeux et que l’inverse n’aurait pu passer sous les fourches caudines de la censure : un homme aimant une petite fille – ils persistent dans leur dénégation à reconnaître dans ce livre une œuvre littéraire. Cela montre pourtant que les auteurs ont justement prit des risques et choisi de traiter un sujet difficile. Il faut reconnaître la qualité de leur résultat, la tendresse et la justesse de leurs choix : aucune implication morale, aucun jugement de valeur, juste la transcription d’une transgression, sans justification aucune par une quelconque explication forcément vaseuse (ils ont fait cela parce qu’ils étaient malheureux, inconscient, etc… : pas de dramatisation à outrance). Non, ils ont fait cela parce que l’amour. Point. L’amour, c'est-à-dire une rencontre, deux êtres, un contexte et un coup de foudre. La seule excuse des personnages est leur manque de sagesse, leur spontanéité, leur jeunesse qui les conduit à une relation amoureuse « anormale » au regard de la société…

Ainsi chacun des protagonistes reste humain et chaque lecteur peut s’identifier facilement, d’où le malaise, l’aversion que certains ont pu ressentir. Le dénie aussi, que l’enfant, ne peut connaître l’amour, ne peut avoir d’idée d’une quelconque sexualité. Et pourtant, nombreux sont les psychologues qui reconnaissent ces droits aux enfants. Que la sexualité est précoce et interfère, y compris dans la relation mère/enfant. Viennent ensuite la question des tabous, du regard de l’autre, du monde social. Et là encore les auteurs n’éludent pas la question : Aude et Corentin sont bien inséré dans un univers social et sociétal qui est le notre (société occidentale moderne française). Aude sait qu’elle est en train de commettre une transgression, Corentin est conscient de braver un interdit parental… et pourtant le lien qui unie ces deux êtres est plus fort que les tabous et les interdits. Ils commettent l’impardonnable et leur entourage ne peut comprendre ce qui se joue. D’où la signification du titre probablement : « Tu ne mourras pas », ni l’un, ni l’autre, ni leur amour. Telle une promesse.

Nulle apologie, ni même approbation de cette transgression de la part des auteurs simplement la volonté de mettre à nu, de rendre explicite l’outrage, de le rendre intelligible et de faire jouer nos émotions, nous obligeant à réagir, à penser, à nous exprimer.

Pari réussi ! 

 

De nombreux liens.

L'éditeur  Les contrebandiers.

Ceux qui ont apprécié :  BDGest,  Par la bande,  After-colline,  scenario.com (version mobile), actua-bd, Chroniques Dasteline.

Ceux qui ont été dérangés : Les lectures de Cyril, Gwordia

 


Tu ne mourras pas

Bénédicte Heim - Edmond Baudoin, Les Contrebandiers éditeurs, 2011 – 25,00 €

Par Jean-François - Piqué par 1 moustiques - à vos bafouilles
Communauté : autour de la BD - Publié dans : Bandes dessinées
Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 12:11

http://media.zoom-cinema.fr/photos/13344/affiche-2-days-in-new-york.jpg

 

Après 2 days in Paris, Julie Delpy nous régale à nouveau avec une suite tout aussi déjantée et loufoque 2 days in New-York.

Installée à New-York avec son nouveau boyfriend, Marion reçoit sa famille : son père, soeur et l'ami de celle-ci, un ancien ex de Marion.

Les situations sont toutes aussi cocasses, les traits exagérés jusqu'au cliché diront certains... jusqu'à donner aux personnages une profondeur et une exubérance indispensable à la réalisation d'une bonne comédie.

Aucune déception, juste une habitude face à des situations prévisibles puisque déjà développées dans le premier opus (on connait les personnages !). Mais s'ils vous ont enchantés la première fois, cela risque d'être de même ce coup-ci !

 

Un bon moment de rigolade, rafraichissant après une campagne éprouvante pour les nerfs et l'esprit !

 

 


2 days in New-York

Film franco-allemand de Julie Delpy avec Julie Delpy, Chris Rock, Alexia Landeau, Albert Delpy, Alexandre Nahon. (1 h 35.)

Par Jean-François - Piqué par 2 moustiques - à vos bafouilles
Communauté : Cinéma - Publié dans : Cinéma
Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 10:15

http://bedecole.com/bd/wp-content/uploads/2011/11/Fran%C3%A7ois-Villon-COUV.jpg

Voici une très audacieuse adaptation du roman éponyme de Jean Teulé. Faire une biographie illustrée de François Villon est une initiative intéressante car elle va permettre à ce poète maudit et difficile (ses textes sont en vieux français) d’être à la portée de tous, y compris des plus jeunes.


François Villon, maudit le jour même de sa naissance. Né le jour qui vit brûler Jeanne d’Arc sur une place publique à Rouen et pendouiller le corps de son père au bout d’une corde ! À peine 6 ans et sa mère est enterrée vive, déterrée par des maraudeurs et transformée en pâté.  François Villon  vit dans un Paris du XV° siècle violent et pauvre.

Confié à un religieux qui souhaite en faire un futur clerc et lui donner une instruction juridique,  François Villon  va grandir dans un environnement protégé, faire ses études à la Sorbonne et arpenter les rues de Paris avec ses amis. Il commence à écrire très tôt et ses textes sont distribués sous le manteau. Il va surtout s’opposer aux puissants, se révolter et entrainer ses amis dans des provocations intrépides et dangereuses.


Premier tome d’une série à suivre avec intérêt, le dessin de Luigi Critone est bien adaptée à ce souci de vulgarisation et un soin particulier a été apporté à la couleur. Aquarellé, les dessins proches de la ligne claire sont simples et peu chargés, ils font la part belle aux personnages et aux ambiances de la ville. Chaque chapitre est introduit par un texte (en vieux français) de  François Villon  et permet ainsi une mise en bouche passionnante et une plongée dans son œuvre.

 

Le site de l'éditeur Delcourt.

Un billet de Catherine


Je, François Villon – 1- Mais où sont les neiges d’antan ?

Luigi Critone, d’après Jean Teulé, Delcourt, ISBN : 978-2-7560-1709-9 ; 14,95 €

Par Jean-François - Piqué par 3 moustiques - à vos bafouilles
Communauté : autour de la BD - Publié dans : Bandes dessinées
Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 09:17

Juste un petit clin d'oeil pour d'anciens compagnons de route, la Compagnie Rêve-Lune et l'un de ses membre Jean-Noël Rodriguez, auteur des textes et de la musique de ce petit film d'animation réalisé par Lionel Metz


Bonne continuation à vous !


La compagnie RêveLune


Par Jean-François - Piqué par 0 moustiques - à vos bafouilles
Communauté : Cinéma - Publié dans : Animation, dessin animé, anime
Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 14:17

http://www.editionslesliensquiliberent.fr/images/30/v_book_21.jpg

Si ce petit livre jaune et noir pouvait être le livre de chevet d’un candidat à l’élection présidentielle, il y aurait fort à parier que nos conditions de vie s’amélioreraient substantiellement.

 

Passant à la loupe une dizaine d’évidences du style « Les marchés financiers sont favorables à la croissance économique », « Il faut réduire les dépenses pour réduire la dette publique » ou « L’euro est un bouclier contre la crise », le collectifs des économistes atterrés proposent une courte analyse qui démonte, arguments à l’appui, ces fausses évidences et proposent, en débat, quelques mesures simples : «  développer une fiscalité européenne (taxe carbone, impôt sur les bénéfices…) et un véritable budget européen pour tendre vers une égalisation des conditions d’accès aux services publics et sociaux dans les divers États membres, sur la base des meilleures pratiques. », « supprimer les exonérations consenties aux entreprises sans effets suffisants sur l’emploi. », etc…

Ainsi ce petit livre vous donne des éléments de compréhension sur la crise actuelle et des moyens d’actions (par bulletin de vote interposé) pour stopper la tendance à la financiarisation de l’économie.

J’ai bien apprécié l’analyse qui est faite sur l’origine des dettes publiques et la mesure proposée pour s’en sortir : « Réaliser un audit public et citoyen des dettes publiques, pour déterminer leur origine et connaître l’identité des principaux détenteurs de titres de la dette et les montants détenus. »

Indispensable et salutaire.

Des liens qui libèrent et des économistes atterrés. Clic ! :

Le site des éditions  Les liens qui libèrent, celui des  économistes atterrés, un billet sur  Alternatives économiques, le  livre en pdf, la  page facebook

 

Lire aussi mes billets sur la  question du travail, sur l'ouvrage d'un économiste atterré par le sarkozysme culturel, Frédéric Martel et celui de Frédéric Lordon sur la crise financière.

Enfin suivre Raphaël Krafft et Alexis en vélo pendant la campagne...


 


Manifeste d’économistes atterrés – Crise et dettes en Europe : 10 fausses évidences, 22 mesures en débat pour sortir de l’impasse

LLL – Les liens qui libèrent, novembre 2010 – 5,50 €

 

Par Jean-François - Piqué par 2 moustiques - à vos bafouilles
Communauté : Litterature - Publié dans : Essais, documentaires
Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 14:35

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQuVsjKQ17W2zmr4jpqY6trJx-Ti-0mIJQzjtW3eW3p3O8gzJCT

 

Voici la rencontre de deux êtres qui ont du mal à sortir de l’enfance. Alice, joue de l’harmonium à l’église et Larry travaille dans un garage auprès d’un patron ivrogne. Alice est amoureuse, Larry ne sait pas trop, peut-être. Et puis c’est quoi l’amour, comment faut-il s’y prendre ? Ces questions là semblent n’avoir jamais vraiment tracassé Larry qui rêve de devenir cosmonaute. La seule personne qui semble avoir une quelconque influence sur lui est son… ours en peluche ! Alice, malgré sa timidité, et l’ours en peluche, véritable conscience de Larry, vont accompagner Larry dans sa lente découverte de l’amour.

La ténacité d’Alice va porter ses fruits : elle va se retrouver enceinte. La perspective d’avoir un enfant permettra-t-elle à Larry de sortir définitivement de l’enfance ?

 

Dessinée avec un trait ligne claire, cette bande dessinée d’Aurélien Maury est tout à la fois tendre et émouvante. Ses personnages sont bien campés et complètement loufoques.

Le format de la bande dessinée, le découpage, le dessin, la tonalité de l’histoire font terriblement penser (en beaucoup moins tourmenté) à Jimmy Corrigan de Chris Ware.

La possibilité de visionner les premières planches sur le site de l'éditeur Tanibis. Des billets d' Alain, de  Marie-Laure, Au Bon Roman et enfin d'Olivier sur Planète BD. 

 


Le dernier cosmonaute

Aurélien Maury, Tanibis, 2011 – ISBN : 978-2-84841-016-6 ; 17,00 €

Par Jean-François - Piqué par 3 moustiques - à vos bafouilles
Communauté : Comics, BD d'outre-atlantique - Publié dans : Comics et BD d'outre Manche

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