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Mercredi 1 juillet 2009

Le 8 mai 1988, le pape Jean-Paul II en visite en Uruguay, est venu faire un discours à Melo, une petite bourgade paumée, à une trentaine de kilomètres de la frontière brésilienne. Les habitants, vivant pour la plupart dans un dénuement extrême, logeant dans des cabanes rafistolées, travaillant de mille petits travaux, dont la contrebande avec le Brésil voisin, attendent cet événement avec une double ferveur. Religieuse tout d'abord, empreinte de respect et d'adoration pour l'intercesseur de Dieu sur Terre et pragmatique ensuite. En effet, l'annonce par les médias de la visite du pape, suscite tellement de ferveur que tous espèrent la venue de foules immenses à Melo. Des cars entiers emplis de brésiliens argentés n'attendraient que le jour J pour venir écouter sa sainteté, le pape. Chacun y va de sa combine pour accueillir ces visiteurs et fidèles, nombreux sont ceux qui vont s'endetter pour acheter en quantité suffisante de quoi nourrir ces foules, leur vendre des souvenirs (médailles dévotes, etc.) et leur permettre de garder un souvenir impérissable de leur séjour à Melo.

 

Beto, contrebandier, bon vivant, picoleur à ses heures, souhaite trouver suffisamment d'argent pour construire des toilettes propres et moderne où chacun pourra venir se soulager. Il va devoir multiplier les voyages de contrebande risqués pour financer son projet. Sa femme Carmen et sa fille Sylvia, qui rêve de devenir journaliste à la radio, d'abord très réticentes, vont finalement lui donner un coup de main...

 

Ce film est un petit chef d'œuvre de cinéma social. A l'image des films de Ken Loach, Enrique Fernandez et César Charlone ont abordé un sujet éminemment contemporain. Inscrits dans l'actualité, les personnages sont attachants, troublants. Ils se démènent autant qu'ils peuvent dans des environnements hostiles où rien ne leur est épargné. Seuls leurs rêves leur permettent d'envisager l'avenir sous un angle positif. Et chacun s'emploie à faire de ses rêves une réalité. Le film est comédie, dosant savamment humour et tragique, tendresse et violence.

Les images sont magnifiques et les acteurs sont excellents.

 

Les toilettes du pape (El Baño del Papa)

Enrique Fernandez & César Charlone, avec César Troncoso, Virginia Ruíz, Virginia Méndez. Film français, brésilien, uruguayen, 1h 35min - 2007 


Par Jean-François - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 24 juin 2009

Soirée en famille au cinéma, samedi dernier, pour voir Coraline, dessin animé de Henry Selick (L'étrange Noël de Mr Jack, James et la pêche géante...), adapté d'un roman de Neil Gaimanque j'avais lu il y a quelques années. Ce roman fantastique, était inquiétant et passionnant, abordant des sujets graves sur les questions de confiance au sein de la famille.
Le film est admirable en tout point. On pense parfois à Tim Burton (Noces funèbres) et ses univers glauques. Chez
Henry Selick l'étrange vire aussi au merveilleux avant de redevenir inquiétant : tout ce qu'il faut pour un bon conte. Le merveilleux était, à mon souvenir moins présent dans le livre de Neil Gaiman.

Coraline vient d'aménager avec ses parents dans une grande maison où vivent déjà d'autres locataires. Ses parents sont plus préoccupés par leur travail que par leur fille, et Coraline se trouve rapidement désoeuvrée, à compter les portes et fenêtres de la maison. C'est alors qu'elle découvre, sous la tapisserie une porte dérobée qui mène à un autre monde caché dans les murs de la maison. Elle y trouve une "autre" mère et un "autre" père qui semblent être très attentionné envers elle, Coraline aurait enfin trouvé les parents idéaux ? Quelle étrangeté semble poindre dans l'attitude de sa "nouvelle" mère ? Et ce jeune garçon qu'elle a rencontré aux alentours de la maison, que fait-il ici ? Il semblait tellement bavard auparavant , pourquoi ne dit-il plus rien ? Coraline pourra-t-elle retourner dans son vrai monde ?

L'animation est splendide. Des marionnettes, des couleurs, des personnages savoureux, des situations cocasses, tendres, inquiétantes donnent à ce film une dimension fantastique affirmée. La peur rode, tapie, constamment présente, mais l'humour est loin d'être absent et permet au film de passer allègrement auprès des plus jeunes (à partir de 7 - 8 ans). Formidable réussite et très bon moment en famille.

Pleins de billets chez Véro (un peu long le billet), Julien, Karine (le livre), Lily, Pascal (le livre), Virginie (qui préfère la VO, elle n'a pas tort, nous l'avons vu en VO et avec les enfants - 8 et 10 ans - ça s'est très bien passé), Allie (le livre) et enfin Gachucha (le livre aussi et qui  n'a toujours pas rouvert sa porte...).

Coraline
Henry Selick, adapté de Neil Gaiman, film américain, 1h40, 2009.


Par Jean-François - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : Animation, dessin animé, anime
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Samedi 20 juin 2009


Ju An-Qi
invite ses spectateurs à entamer un voyage nocturne plein de surprises et de vie en allant à la rencontre d’une Chine intime. Le pays est en équilibre sur une bascule entre modernité et tradition : les mutations imposées par le capitalisme se heurtent aux réalités culturelles et sociales plus complexes. Le film se déroule tout au long d'une seule nuit. Nous voyageons avec les différents protagonistes des grands centres urbains aux régions provinciales. La caméra va à la rencontre des habitants et des travailleurs explorant leur quotidien nocturne.
 
La Chine, la nuit, est fourmillante, grouillante, émouvante, exaltante... Ce portrait ressemble à un kaléidoscope, il donne une image de la diversité chinoise et de sa réalité contemporaine. Tel un cliché photographique en donnant une image instructive du pays
le film superpose des parcours de vie étonnants et pourtant si communs. Le rêve et la révolte ne sont pas absents, même si la résignation semble parfois dominer l’état d’esprit des différents protagonistes. Le réalisateur  Ju An-Qi a su garder une distance avec les scènes et les personnages filmés. Le résultat est empreint d'une certaine poésie contemplative où se mêlent curiosité, révolte, sympathie...

Ce reflet moderne de la Chine nous plonge dans un abîme de réflexion sur l'âpreté de notre société.


Nuit de Chine
Ju An-Qi, édité par Doc and Co,
Production : Ready Made, Ex nihilo, Trench Film Group, Arte France, 2007.

Par Jean-François - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : Essais, documentaires
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Mercredi 17 juin 2009


Allez, encore une petite madeleine !
Vous avez 2,90 €, 20 minutes de transport, un poche assez grande pour emporter un livre de 8 x 12 cm ?
Alors vous pouvez passer un agréable moment avec ce petit livre :  200 répliques cultes du cinéma. De "J'ai glissé, chef !" à "Nobody's perfect", de "A fool there was" de Frank Powell en 1915 à "Slumdog millionnaire" de Danny Boyle en 2009, nous voici engagé dans un large panorama du cinéma essentiellement américain et français. Les répliques sont référencées et contextualisées. Un index par film complète cette anthologie de bons mots et jolies phrases.

Pour passer le temps dans les transports ou pour être le support d'un petit jeu familial ou entre amis :

Qui a dit et dans quel film ? (réponses dans quelques temps dans les commentaires)

"I scream, you scream, we all scream for ice cream !"

"Mais, mon cher le bonheur n'est pas gai."

"Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie."

 

Un ouvrage offert par les éditions First et Babelio, dans le cadre du programme Masse Critique.

Une même idée de jeu et un billet similaire chez Françoise.

200 répliques cultes du cinéma
Vincent Mirabel, First éditions, 2009 - 2,90 €.


Par Jean-François - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : Essais, documentaires
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Dimanche 14 juin 2009

 

Tout le monde connaît les fameux Lagarde et Michard, somme incontournable des lycéens préparant le bac de français.

Catherine Meurisse nous invite à un voyage similaire au cœur de la littérature française, du Moyen Âge au XX° siècle.

Mais un seul volume et quelques 140 pages ne suffiront pas à concurrencer les fameux Lagarde et Michard. Et pourtant je conseille vivement à chaque lycéen de lire cet ouvrage juste avant l’épreuve. Bien entendu, tout amateur de littérature ne pourrait aussi s’en passer. Quelles en sont les raisons ?

Tout d’abord l’érudition incontestable de l’auteur, qui n’a pas lu que les Lagarde et Michard, car des détails croustillants de la vie de nos grands illustres écrivains sont dévoilés. Leur personnalité est mise à jour, leurs complexes, leurs peurs, leurs travers, les relations qu’ils entretenaient entre eux, tous ces éléments sont croqués avec délice. Le mot croqué est bien choisi, car Catherine Meurisse nous donne à lire et à voir ce qu’étaient ces grands personnages sous la forme d’une bande dessinée.

Cavanna le précise dans sa préface, l’auteur a fait ses armes à Charlie Hebdo au sein d’une équipe quelque peu misogyne : ça forge un caractère et ça imprime une personnalité. Catherine Meurisse a beaucoup de qualité : son érudition et son humour sont largement mis à contribution dans cet ouvrage.

Faites comme moi, prenez la madeleine que nous tend Marcel P. et plongez dans ce livre. Offrez-le sournoisement à votre enfant, neveu, nièce, cousin, cousine qui prépare son bac de français cette année, lisez-le et donnez-le lui la veille des épreuves. Les professeurs vont peut-être se marrer ensuite… et ne pourront rien vous reprocher car le sous titre indique clairement : Petit précis de littérature française.

Mes hommes de lettre chez Amande, JFV, Jeanne et sur Canard BD.
Le site des éditions
Sarbacane.

Mes hommes de lettres - Petit précis de littérature française

Catherine Meurisse, préface de Cavanna, Sarbacane, 2009 – 19,50 €.


Par Jean-François - Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : Bandes dessinées
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Mercredi 10 juin 2009

"Ce n'est pas facile de s'aimer.

Je crois qu'il faut s'aimer un peu pour pouvoir aimer les autres.
Et je crois que pour s'aimer il faut avoir la possibilité d'aller dans
ses rêves. Les rêves des hommes c'est toujours quelque chose
avec une construction... Quelque chose de ce genre.

Construire comme une maison pour ensuite, dans cette maison,
y faire venir une femme. A cette femme faire des enfants.
Les rêves des hommes sont simples... Il me semble ceci comme
une base, comme une première pierre.

Si l'homme a la possibilité d'avoir cette première pierre alors
il peut aller dans d'autres rêves. Et même choisir de ne pas
faire de maison ni d'avoir une femme, ni des enfants.

Mais s'il ne peut accéder à cette première pierre...

Alors il se déteste. C'est plus facile que de s'aimer.

Alors la haine de lui-même l'envahit. Si l'homme ne peut
pas se construire il détruit. Il ne peut pas attendre. Pas longtemps.

Détruire jusqu'à se détruire.

Mais il ne se suicide pas, je ne sais pas pourquoi. Il se détruit
dans l'autre. Il détruit son image. Son voisin, son frère.

Et il a honte de ce qu'il fait alors il se cache derrière un
masque, des peintures de guerres, une barbe, une religion.

Je ne crois pas en Dieu, mais ma mère y croyait. Je respecte
la croyance de ma mère, et je sais que l'on ne tue pas si
on croit en Dieu.

On tue par haine de soi, ensuite on met des mots sur cette haine.
L'homme a inventé Dieu. Dieu c'est lui. Dieu se hait aujourd'hui
en Algérie.

Aujourd'hui il faut trouver la possibilité de faire que les
algériens commencent à s'aimer un peu."

Algérie ("Algérie, la Douleur et le Mal" ; Éditions BD Boum, 1998)
Edmond Baudoin

Patchwork est un recueil de nouvelles graphiques d'Edmond Baudoin, toutes plus sensibles les unes que les autres. Un magnifique travail d'orfèvre.

Patchwork
Edmond Baudoin, Le 9ème monde, 2006 - 16,00 €.


Par Jean-François - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : Bandes dessinées
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Jeudi 4 juin 2009

 

Après NononBa, Shigeru Mizuki nous offre un nouveau chef d’œuvre avec ce récit en grande partie autobiographique.
Opération mort, ce sont les « Gyokusai », les missions suicides des commandos japonais lors de la deuxième guerre mondiale. L’histoire se passe dans un île du Pacifique pendant la guerre. Une compagnie est chargée de tenir l’île et d’empêcher le débarquement des américains. Basée sur la côte, alors que le gros de la troupe est à l’intérieur des terres, ces soldats vont devoir lutter jusqu’à la mort, bravant tout d’abord les conditions extrêmes de l’île : climat, faim, maladies tropicales, ils doivent en plus endurer la rudesse des aînés, des officiers et du fameux code d’honneur japonais.
  On pense parfois à Lettres d'Iwo Jima de Clint Eastwood.

Simples soldats, quelques sous-officiers, un médecin militaire, ils vont se retrouver près de 80 à réchapper à l’opération mort décidée par l’État major. Mais ce dernier ne l’entends pas de cette oreille. Une opération mort ne doit pas laisser de survivants, un officier est chargé de la délicate mission de régler ce problème épineux pour l’honneur de la troupe et des familles des soldats.

 

Les dessins de Shigeru Mizuki sont admirables, les paysages et les ambiances de jungles sont parfaitement dessinées. Le tramage, le dessin à l’encre, le Noir et Blanc, les idéogrammes (maintenus pour tous les bruitages, ils font parties intégrantes des dessins), le tout forme une œuvre excellente. L’atmosphère pesante, oppressante et violente de certaines scènes apparaît dans toute sa dimension, mais avec pudeur, et une certaine distanciation permise par un dessin parfois plus stylisé.

Shigeru Mizuki nous offre un regard critique - une ode au pacifisme - tout à fait nécessaire sur les aberrations des militaires et de la guerre. L’éditeur Cornelius fait encore un travail magnifique en produisant un ouvrage de très grande qualité.


Opération mort
Shigeru Mizuki, Cornélius, collection Pierre, 2008 – 27,00 €.


Par Jean-François - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : Mangas, manwha, BD asiatiques
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Des idées de lectures, de confitures que l'on vous susurre pour tous les âges, même mûr, c'est sûr et c'est sur...

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