Résonnances...
Mes lectures me font voyager souvent, réfléchir aussi, elles me détendent, elles me stimulent, elles m'interpellent. Il leur arrivent
aussi d'entrer en résonnance avec ma vie. Je suis baigné dans un environnement qui me construit, me modèle, m'influence. Cet environnement ne m'est jamais indifférent. J'ai longtemps été attiré
par la Nature, la vie à la montagne, loin des foules et du bruit. J'ai toujours aimé les voyages et les rencontres rendues possibles par l'errance. Et pourtant, je vis actuellement dans la plus
grande agglomération française, dans une ville populaire et multi-culturelle. Cette ville change, évolue, se transforme. Sa volonté d'accueil est réputée et lui a permis de devenir un creuset culturel, un lieu d'échanges et de
rencontres. Il n'est presque plus utile de partir pour rencontrer l'exotisme, il se trouve à deux pas dans la rue, chez les amis. Il est ainsi très facile d'entendre parler une autre langue que
le français. Mais ce multiculturalisme ne se dissocie pas d'une certaine forme de pauvreté. Tous ces hommes, ces femmes, ces enfants, ces aïeux, ont parfois investit une telle énergie pour venir
vivre en France qu'ils sont démunis et fragiles. Nombreux sont ceux qui arrivent à vivre, mais d'autres ne font que survivre, luttant pour régulariser une situation personnelle rendue incertaine
par une politique frileuse et basée sur la peur et le rejet de l'autre, de celui qui est différent. Si l'étranger est souvent différent, généralement il provoque plus de curiosité que de peur.
Car celui qui fait vraiment peur est le pauvre, celui qui n'a rien et menace nos biens par son regard nécessiteux. Ce sont les besoins des autres confrontés à notre égoïsme qui suscitent ce
rejet. L'altruisme n'est pas chose facile, cela se construit, s'apprend. La question des flux migratoires ne procède pas d'une gestion politique. C'est un mouvement de fond, inhérent à l'espèce
humaine, animal opportuniste et migrateur. De tout temps, l'homme est allé là où la vie pouvait lui sembler plus douce. La seule solution à ce problème démographique et migratoire ne semble
pouvoir se trouver que dans une meilleure répartition des richesses et un partage équitable de ces dernières. Mais comment alors construire une société plus égalitaire et fraternelle ? Si les
démocraties modernes représentent l'aboutissement plus ou moins réussi des révolutions politiques, offrant la liberté et
un meilleur partage des responsabilités, ne faudrait-il pas cependant faire une révolution économique et sociale ?
L'altruisme devrait nécessairement être la base de cette nouvelle révolution. Il semble que l'éducation, la culture et les loisirs soient le ciment d'un futur possible. Quel place aura le
travail, est-il probable qu'il disparaisse ?