Albums, Contes illustrés

Dimanche 4 octobre 2009 7 04 10 2009 23:25

Voici un livre. Un livre fermé. Voici le vent. Le vent souffle. Le livre s'ouvre. Les pages se tournent. Arrivent les animaux, le lapin, le faisan, le tigre et les autres. Les uns passent, certains hasardent un oeil, d'autres s'assoient dessus...
Voici la forêt. Une petite fille, dans la forêt. Elle voit le livre, le ramasse, l'ouvre...

Tiens ?

Comment ? Vous n'êtes toujours pas séduit ? Tant pis pour vous, vous ne saurez ainsi jamais comment...

Voici un livre...
...Merveilleux !

Deux auteurs coréens, Suk Jun Ye et Oh Jung Taek signent un livre tout en sensibilité et émotion. L'illustration est d'une sobriété sans pareille, efficace - le livre peut se lire aisément sans le texte - Oh Jung Taek nous offre des dessins tendres et maîtrisés, les dominantes couleur terre, ocre et gris, résonnent en fin d'ouvrage avec des verts sombres et profonds comme les forêts des contes. Quant au texte de Suk Jun Ye, ciselé, apuré, il vise à l'essentiel. Conçu comme une randonnée, chaque animal passe près du livre, jusqu'à la petite fille, l'histoire s'ouvre sur un imaginaire sans limite, à l'image des possibilité d'un livre : explorer de multiples horizons.

Le livre chez son éditeur Autrement.
De nouveau la Corée à l'honneur sur ce blog, après ce parcours en Manwha :

La bicyclette rouge - Kim Dong-hwa (15 mai 2008)

Massacre au pont de No Gun Rin - Park Kun-woong et Chung Eun-yong (16 octobre 2008)
Chagrin dans le ciel - Lee Youn-bok et Lee Hee-jae (1er août 2009)

La mal aimée - Kim Dong-hwa (15 août 2009)

L'idiot - Full Kang (1er septembre2009)

Le visiteur du Sud - Oh Yeong Jin (15 septembre 2009)

Le livre qui n’a jamais été ouvert
Suk Jun Ye (texte) et Oh Jung Taek (illustrations), éditions Autrement, 2008 – 14,50 euros.
Par Jean-François - Publié dans : Albums, Contes illustrés - Communauté : Litterature
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Mardi 10 février 2009 2 10 02 2009 13:24

« Madame Hô ne sortait jamais sans son parapluie. Il lui servait de canne pour soutenir son dos fatigué, l’abritant du soleil, ou la protégeant de la pluie. Parfois mêm, depuis la mort de son mari, il était son confident.

Mais ça, madame Hô n’aimait pas beaucoup qu’on en parle ».

Du vert, du rouge, du blanc et du noir, jamais on ne croise le visage de Madame Hô dont on ne voit qu’une main, un bras et parfois le haut de son front et sa coiffure noire d’ébène ornée d’une fleur blanche et rouge. Le parapluie ? Il est vert, bien sûr, comme le kimono fleuri de Madame Hô.

Madame Hô sort acheter du thé. Soudain une bourrasque de vent arrache le parapluie de sa frêle main. Il s’envole, passe par dessus les murs des maisons et des jardins, virevolte tournoie et se pose. Mais ou ?

Madame Hô se lance à sa recherche, frappe aux portes des maisons. La pluie redouble de violence. Retrouvera-t-elle son parapluie ? Jusqu’où la conduira sa quête ? Le hasard des rencontres réserve de bien belles surprises.

 

Magnifique album où l’on découvre qu’il est si utile d’avoir un confident, fut-il parapluie il n’en écoute pas moins vos émois.

 

De beaux billets doux chez Gawou et chez Finette.


Le parapluie de Madame Hô

Agnès de Lestrade, Martine Perrin, Milan jeunesse, 2007 – 11,50 €.



Par Jean-François - Publié dans : Albums, Contes illustrés - Communauté : Litterature
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 06 2008 19:08
Pourquôôââ ?

L'histoire de deux grenouilles, dont l'une, la petite pose une question très pertinente et écoute les réponses logiques de son aînée, chaque réponse entraînant une nouvelle question...

Wadaï

Un guerrier samouraï fait régner sa loi et la terreur dans la cuisine de sa mère...

Attention ! Ce livre comporte des scènes très suggestives, le sang gicle sur toutes les pages, la violence est omniprésente. La lecture est absolument insupportable... Wadaïïïï !!!

Tous les deux dès 2 / 3 ans. A mettre sans hésitations entre toutes les mains.

Il existe des albums pour les enfants les plus jeunes qui sont absolument charmants. Ces livres sont extraordinaires car ils permettent de nouer un lien fort entre l'enfant et un médiateur quelconque (parent - animateur - bibliothécaire). Il arrive même qu'on se demande si ce sont encore des livres à lire tellement ils poussent au jeu. Ces livres révèlent donc toute leur potentialité dans l'interaction qui se noue entre le lecteur (joueur - acteur - comédien) et l'enfant. Ce dernier devient ainsi un lecteur à l'écoute : il lit les images, les paroles et généralement le visage, parfois le corps du médiateur. Cette relation kinesthésique est un véritable plaisir à vivre.

Souvent il existe dans ces livres des personnages forts et incarnés. Il faut donc entrer dans la peau de ces personnages et les faire vivre pour goûter toutes les subtilités de l'ouvrage. Je me dis souvent que les auteurs (illustrateurs la plupart du temps) ont du passer un bien bon moment à faire le livre en imaginant tout ce qu'ils pouvaient susciter.

En voici deux, très différents. Attention, aucun message dans ces livres, seulement beaucoup de plaisir à venir. Et c'est bien là que la valeur est : dans cette interaction suscitée, provoquée, voulue. Le livre est un pont entre trois êtres : l'auteur, l'enfant et le médiateur.

D'autres billets :
Bladelire, chez Gawou la meilleure, dans la boîte à livres d'Eolune.
Le site de
Voutch et une bio de Jean Gourounas.

Pourquôôââ ?
de Voutch, Thierry Magnier, collection Tête de lard, 2000 - 6,50 €.

 Wadaï
de Jean Gourounas, Le Rouergue, collection Varia, 2006 - 12,00 €

 

 

Par Jean-François - Publié dans : Albums, Contes illustrés - Communauté : Litterature
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Vendredi 18 avril 2008 5 18 04 2008 08:17

Parmi les nombreuses évocations des mois de Mai de la fin des années 1960, je vous propose un petit décentrage pour un voyage en Tchécoslovaquie. L'immense artiste Peter Sis nous raconte dans un magnifique album intitulé Le Mur, [son] enfance derrière le rideau de fer. Récit qu'il prolonge jusqu'à l'adolescence. 
Un graphisme extraordinaire, mêlant gravure en Noir et Blanc, extraits de ses carnets, crayon de couleur, aquarelle, collage, dans un style parfois proche de la bande dessinée accompagnant un récit à deux niveaux font de cet album un hybride docu-fiction parfaitement réussi.

Peter Sis is dévoile ainsi que sa passion pour le dessin l'a pris très tôt : il dessinait partout, chez lui ce qu'il voulait, à l'école ce qu'on lui demandait. Il adorait aussi la musique rock (Beatles, Rolling Stone, Beach Boys...), fut même DJ et interviewa les Beach Boys lors de leur tournée en 1970. Il travailla ensuite pour l'industrie du cinéma d'animation tchèque, si réputée alors.

Son éveil à l'âge adulte et sa rebellion contre le système coïncida avec les évènements de 68 en Tchécoslovaquie (réprimés par les chars soviétiques). Il raconte aussi la force du système communiste broyant les individus au profit du collectif. Il refusera de retourner chez qu'en 1984. Peter Sis travaillait alors à Los Angeles sur un film d'animation lorsque, en pleine crise du boycott des JO de Los Angeles, les autorités de son pays lui enjoignèrent de rentrer précipitemment. Ce qu'il refusa de faire et Peter Sis choisit dès lors de s'installer et vire aux Etats-unis.

 

Le site web de Peter Sis, un dossier complet sur l'auteur et son oeuvre sur l'Observatoire National de la Lecture (ONL), un autre dossier sur Ricochet.
Des billets sur
AtoutPrague (Magazine et guide français sur Prague et la République tchèque), sur le blog de la SFL, sur le blog de Citrouille avec en prime un film d'animation de Peter Sis (voir ci-dessous), et enfin sur Du9 le site de l'autre bande dessinée.

Enfin, une vidéo sur ce blog !


Le mur, Mon enfance derrière le rideau de fer
de Peter Sis, Grasset, 2007 - 16,90 €.
Par Jean-François - Publié dans : Albums, Contes illustrés - Communauté : Litterature
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 03 2008 18:53
Premières réponses à la sollicitation de Masse Critique (voir lien ci-dessous).
Voici venir deux livres : un album de poésie "Marguerite et Minon" et une bande dessinée  "Le moustiquaire de Berlin". Une sélection de livres où l’image est présente, voire domine.
Mon choix s’est porté vers une jeune maison d'édition de poésie fondée en 2003 (Art et Poésie) et une co-édition de Glénat et Arte. Arte est un label qui me tient aussi à cœur, car c'est bien la seule et unique chaine de télévision qui propose des programmes de bonne qualité.

Marguerite-et-minon.jpg
Marie Saada nous présente une petite fille et son chat dans différents aspects de la vie quotidienne. L'enfant et l'animal se croisent, se câlinent, se cherchent, se taquinent, se consolent, jouent et sautent de page en page au gré des riches moments de leurs rencontres.
Les images sont splendides, à l'encre noire et et aux pastels très colorés. Ce mélange de peinture et de dessin est très dynamique. Je suis vraiment sous le charme de ces illustrations. Toutefois, parfois j'ai trouvé le texte un peu bavard, pourtant à chaque double page un ou deux mots sont mis en valeur par une taille plus grande et une couleur différente qui résument bien le propos.
L'esprit poétique se dégage plus des situations et des illustrations que du texte lui-même ; cependant suffisament simple pour être accessible par les plus jeunes enfants.

[Une petite réserve concerne la présentation en couverture cartonnée souple, c'est un peu dommage, même si ça réduit forcément les coûts].

masse-critique.jpg

 

Marguerite et Minon
de Marie Saada, Art et Poésie, 2005 - 9,50 €.

Par Jean-François - Publié dans : Albums, Contes illustrés - Communauté : Litterature
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Mardi 19 février 2008 2 19 02 2008 23:46
aboie-georges.jpg Voici un superbe album de Jules Feiffer pour les plus jeunes.

Une histoire pour rire. 
Le chien Georges a de graves problèmes. Lorsqu'on lui demande d'aboyer il pousse des cris étranges !
Mais ses maîtres (une mère et son fils) sont bien attentionnés. Ils le conduisent chez le vétérinaire. Chaque fois que Georges essaie d'aboyer, le cri d'un autre animal qui sort de sa gorge, le véto enfonce alors son bras dans la gorge de Georges et retire l'animal en question. A chaque fois un peu plus gros... jusqu'au moment où Georges enfin aboie. Ses maîtres peuvent alors rentrer chez eux, fiers d'avoir un vrai chien qui aboie. Vraiment, n'est ce pas ? 

Ouaf, ouaf !!!

Lire aussi : Little Lit et Je ne suis pas n'importe qui ! (informations et liens sur l'auteur dans ce dernier ouvrage).

Aboie, Georges !
de Jules Feiffer, école des loisirs,  collection Pastel, Paris, 2003 - 12,00 €.
Par Jean-François - Publié dans : Albums, Contes illustrés - Communauté : Litterature
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Mardi 12 février 2008 2 12 02 2008 23:32
Emilie-past-que.jpg Il fallait bien en choisir un.
Ils sont tellement magnifiques les albums d'Emmanuelle Houdart. Alors j'ai choisi celui-ci parce qu'il me plaît beaucoup. Non seulement les illustrations sont magnifiques, mais en plus c'est une histoire d'ogre... et j'adore les histoires d'ogre, comme Mes enfants, d'ailleurs.

Émilie Pastèque est une collectionneuse. Il lui en faut toujours plus. Elle accumule tant et plus, et bientôt il devient impossible d'entrer dans sa chambre. Et d'en sortir, mais Émilie, ça ne la dérange pas, elle aime bien sa chambre. Sa famille est inquiète. Ce qui devait arriver advint, quelque part, dans le fatras de la chambre, Émilie découvre un ogre. Mais ce dernier a mal au ventre. Alors elle lui propose de le soigner, à condition qu'il ne la mange pas. Il accepte. Mais vous connaissez les ogres, leur appétit est insatiable...

Ah ! C'est tellement et toujours important pour l'enfance que cette question de manger et être mangé. Il y a d'ailleurs une sorte d'analogie entre la chambre d'Émilie et le ventre de l'ogre. Comme si le dedans et le dehors, l'intime et le public, l'entre soi et l'altruisme étaient deux faces d'une même pièce. Comme si entrer à l'intérieur d'un ventre chaud, c'est en renaître à nouveau plus fort. Comme si lutter contre ses démons c'est se rendre plus fort pour affronter les vrais ogres de la vraie vie. Tout ça vaut bien une belle dent d'ogre, n'est-ce pas ?

Je ne vous en dis pas plus courrez le lire et buvez en toutes les illustrations, plutôt dix fois qu'une.

Un petit tour chez Clarabel et chez Gawou.


Émilie Pastèque
d'Emmanuelle Houdart et Ludovic Flamant, Thierry Magnier,  Paris, 2007 - 17,50 €.
Par Jean-François - Publié dans : Albums, Contes illustrés - Communauté : Litterature
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