Patrimoine

Mercredi 10 décembre 2008

Voici un ouvrage formidable du grand maitre de la Bande dessinée mondiale qu'est Winsor McCay (le billet a été mis à jour, vous y trouverez une vidéo de Gertie le dinosaure).


Si cet ouvrage est moins connu que Little Nemo, Petit Sammy éternue possède néanmoins une force et une richesse graphique indéniables. L'humour est omniprésent et parfaitement maitrisé. Le comique de répétition confère à chacune des planches un attendu qui ne lasse jamais et promet de longues séances de rire. Près d’un siècle avant les fictions à contraintes du mouvement Oubapo,
Petit Sammy éternue de Winsor McCay s’affichait déjà comme un chef d’oeuvre de bande dessinée.
Les strips mettent en scène l'éternuement du petit Sammy (atchoum !), aux conséquences cataclysmiques pour son entourage, (atchoum !). Le scénario est immuable (atchoum !).

Delcourt, (atchoum !), propose une nouvelle édition de cet album. Il reprend toutes les histoires parues chaque semaine de l'année 1905 dans le New York Herald Tribune dans leur format de publication d'origine, d'autres strips sont aussi proposés en complément au Petit Sammy, (atchoum !), une sorte de bonus formidable.

Avec cette bande dessinnée, certains ont pu déceler une filiation avec le pionnier de l'instantané photographique Eadweard Muybridge. Très inspiré, le site Coconino nous offre une illustration de certains strip de Petit Sammy à la façon de Eadweard Muybridge.

Du coup, on s'aperçoit que Winsor McCay considérait le cinéma et la bande dessinée comme deux arts indissociables et apparentés.


Publié par Hachette en 1906, l’album Petit Sammy éternue fut l’un des premiers comic strips américains à être traduit en français. Sur le marché des collectionneurs (il n’en existe plus qu’une poignée d’exemplaires), Petit Sammy éternue s'arrache à prix d'or.

Vous trouverez sur Coconino world l’album dans son intégralité (édition Hachette) et quatre épisodes sous format zoopraxiscopique (conçu par Josépé) ainsi qu'un article de Thierry Smolderen, qui m'a grandement inspiré.

Petit Sammy éternue

de Winsor McCay, Delcourt, collection Contrebande, 2008 - 49,90 €.


Par Jean-François
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Lundi 6 octobre 2008

Qui était Élisée Reclus ?
Homme du XIX° siècle, éminent scientifique,
Élisée Reclus (1830 - 1905) a cheminé hors des sentiers battus par les institutions scientifiques. Anarchiste, ami de Pierre (Piotr) Alekseïevitch Kropotkine, communard, certes discret mais néanmoins banni 10 années durant, il est avant tout géographe. Grand voyageur, polyglotte autodidacte, il a été un des premiers écologistes : il accordait à l'homme et à la société une place centrale dans ses recherches et préoccupations, et pour certains il est un des pères de l'écologie politique. Pourtant nombre de ses compères lui reprochèrent d'être un géographe plus "littéraire" que "scientifique". C'est d'ailleurs sur ce point finalement élogieux que Joël Cornuault nous invite à découvrir Élisée Reclus.


Il nous propose un voyage poétique au coeur de deux livres méconnus "Histoire d'un ruisseau" et "Histoire d'une montagne". Ces deux livres ont été respectivement édités en 1869 et 1880 par le célèbre Pierre-Jules Hetzel, éditeur entre autres de Victor Hugo, Georges Sand, Alexis Tourgueniev, Jules Verne, Pierre-Joseph Proudhon...
L'historiographie retient plutôt les 19 gros volumes de la "Géographie universelle" composés entre 1876 et 1894, ou les 6 tomes de "l'Homme et la Terre" publiés en 1905, voire certains écrits anarchistes. "
Histoire d'un ruisseau" et "Histoire d'une montagne" ont paru dans la collection "Bibliothèque d'éducation et de récréation", dont les ouvrages étaient destinés "aux adolescents, aux familles bourgeoises soucieuses d'instruction et aux lecteurs adultes débutants". Ces derniers étant nombreux en cette fin de XIX° siècle grâce aux efforts des mouvements d'éducation populaire. C'est ainsi que ces livres ont longtemps été des livres de prix, distribués en cadeaux aux élèves méritants.
Les écrits d'Élisée Reclus ne sont pas neutres, ils contiennent ses révoltes, son humanisme, conçu comme des fables, ils ne pourraient que plaire. Joël Cornuault met en résonance cet auteur avec d'autres grands hommes, notamment américains tels Walt Whitman et Henry David Thoreau qui lui sont contemporains. Il aperçoit une familiarité avec un autre savant poète : Gaston Bachelard, même si ce dernier ne cite pas Élisée Reclus.
Grâce à de larges extraits et une analyse approfondie de l'homme et de ses intentions, Joël Cornuault aiguise notre curiosité, nous incite à aller feuilleter ces deux petites perles. Ce que nous pouvons faire puisque "Histoire d'un ruisseau" et "Histoire d'une montagne" ont été réédités chez Actes Sud dans la collection Babel en 1995 et 1998, préfacés bien sûr par... Joël Cornuault.

Pour compléter votre lecture et découverte d'Élisée Reclus, je vous conseille le numéro 117 de la revue Hérodote qui lui est consacré.




Élisée Reclus, géographe et poète
de Joël Cornuault, Fédérop, 2002, 10,00 €.

Par Jean-François
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Vendredi 22 février 2008
je-ne-suis-pas-n-importe-qui--.jpg Moi, non plus !!!

Dès qu'une livraison de BD (et autres livres aussi) arrive à la médiathèque, je feuillette, je farfouille et je laisse des petits billets entre les pages des livres qui me tentent afin que mes collègues
pensent à me les faire parvenir dès la fin du traitement (exemplarisation, catalogage, équipement, feuilletage - eux aussi, forcément - tripatouillage et j'en passe).
Ainsi, un jour je tombe sur ce livre.

Jules Feiffer ? Jules Feiffer ? Ca me dit quelque chose, mais quoi ?

Bon, là, je vous arrête tout de suite. Ceux qui connaissent cet auteur génial, vont penser que je devais forcément feuilleter assidument PlayBoy pour remarquer les petits strips que
Jules Feiffer y a laissé. Une collaboration qui a duré des années. Non, non ! Franchement, lorsque je feuilletais ce genre de revue, c'était généralement pour regarder autre chose que des strips ou plutôt des strips d'un autre genre...

Bon, alors quoi, où ? Charlie Mensuel a publié quelques dessins dans les années 1970 : non plus, trop jeune !!!

Ah ! Ca y est, j'y suis... c'est Georges, le chien qui lorsqu'il aboit rend chèvre son entourage... à moins que ce ne soit lui qui soit chèvre... Tiens, où est-elle passée, cette chèvre ? et la vache ? et le cochon ? (Là, juste en dessous...)


Un bien bel album pour les plus petits. 
Jules Feiffer a donc aussi écrit pour les plus grands et en plus en BD. Chouette, vite un petit bout de papier.

Quelques temps plus tard (c'est long parfois) je lis le livre, je le digère, je m'aperçois qu'il est dans la sélection "Patrimoine" d'Angoulême (il faut vraiment que je jette un coup d'oeil à ce Moomin le troll qui a eu le prix), et je me lance. Puis en recherchant un peu partout sur le Net je trouve un lien d'un confrère blogueur : Malaurie du blog Le Génépi et l'Argousier qui en avait déjà parlé. Oui, c'était dans un billet sur Little Lit. Merci Art Spiegelman.

Dites, ça vous arrive aussi de ne plus savoir ce que vous écrivez ?

Bon, mais de quoi parle ce bouquin ? Il serait temps que je vous en cause un peu sinon, vous allez vous lasser. Ce sont six nouvelles graphiques. Elles reflètent l'immense générosité de cet auteur.

La relation relate, sans mot, la tendre et dure vie d'un couple, une vision a minima et tellement fataliste.
feiffer.jpg
Munro est un pamphlet antimilitariste, tendre et plein d'humour.
La machine solitaire est l'invention idéale pour vaincre la timidité masculine. Sa première parution fut dans Playboy (c'est pas formidable, ça ?).

La lune de George : c'est un homme, ce coup-ci, et il vit sur la lune. Réflexion sur la solitude et l'autre, cet inconnu inquiétant.
Harold Swerg ce doit être un peu
Jules Feiffer cet Harold Swerg, un homme modeste et tranquille qui préfère rester chez lui plutôt qu'être adulé.
Passionella est une fable sur la destinée des célébrités. Passionella est le nom de scène d'Ella, ramoneuse de cheminée de son état.

Voilà, c'est tout, il ne vous reste plus qu'à vous imprimer le nom de cet auteur dans le crane. Car "après, il ne faudra pas pleurnicher si vous êtes le dernier à le connaître, hein ?" (4° de couv. - couv. ill. en coul., ill. en N. et B.)


Découvrez le site de Jules Feiffer, un billet sur le site littéraire du Nouvel Obs, le BibliObs et sur Coolture.

Je ne suis pas n'importe qui !
de Jules Feiffer, traduction François Cavanna, Futuropolis, 2007 - 24,00 €.
Par Jean-François
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Mercredi 13 juin 2007
Bofa-.gif Autoportrait de Gus Bofa.
Lors des dernières vacances de printemps, je prenais le temps de découvrir une belle exposition intitulée
Gus Bofa "On verra bien" à la médiathèque de Lorient. Cette exposition était organisée par les éditions Cornélius et la médiathèque. Elle faisait partie d'un parcours de trois expositions à travers la ville. 
Voici l'occasion de découvrir ou redécouvrir un illustrateur de renom.

Les informations suivantes sont extraites d'un livret édité pour l'occasion par la médiathèque.

"
L'étrange cas du docteur Blanchot et de Mister Bofa
Gustave Blanchot naît en 1883 à Bordeaux, dans une famille où on est colonel de père en fils. Petit garçon rêveur et timide, il invente à 11 ans le personnage de Gus Bofa, dessinateur et ami des animaux. Tandis que Gustave Blanchot joue avec ses soldats de plomb et se voit déjà brillant officier de spahis soudanais, aimé des dames et des demoiselles, Gus Bofa, se moque de Napoléon et accomplit son service militaire avec une élégante désinvolture.
Le jour
Gustave Blanchot suit les conseils de sa famille et occupe les fonctions respectables de secrétaire d'une fonderie d'aluminium puis d'une mine de cuivre franco-espagnole. La nuit, Gus Bofa, qui ne veut rien faire, sinon ce qu'il lui plaît de faire, dessine des enfants, des lutins et des vagabonds pour des affiches publicitaires. S'ila rrive que le respectable Gustave Blanchot dirige des journaux drôles, Gus Bofa se fâche très vite avec leurs propriétaires et s'en va en claquant la porte. Lorsque survient la guerre, Gustave Blanchot joue les héros et tombe au champ d'honneur en décembre 1914.  Gus Bofa s'en sort de justesse. Revenu à l'état de mutilé translucide et décoloré, il réapprend à marcher, boxe sur une jambe et range dans un tiroir médailles et souvenirs, bien décidé à désormais vivre à sa guise. Débarassé de son alter-ego, il peut enfin céder à la merveilleuse paresse naturelle, que l'infortuné Gustave Blanchot tenait en bride.
Gus Bofa
consacre une vie, dont il a éprouvé l'étonnante vanité, à cultiver les vices rares et précieux que sont le dessin, l'écriture et la lecture, et rechercher la vérité humaine à travers l'absurde.
A ces activités éminemment anti-sociales il sacrifie sans hésiter la fortune et les honneurs, ainsi que l'estime de l'homme de la rue, passé, présent et à venir. On le voit s'acoquiner avec des mauvais garçons littéraires, des ironistes suspects et des fantaisistes notoires qui se nomment Pierre Mac Orlan, Jonathan Swift, Chas Laborde, Cervantès, Jules Pascin, Thomas de Quincey ou Jacques Perret.
Fixant définitivement son âge à 37 ans, il hisse le pavillon noir de lui-même et adopte pour devise "On verra bien", avant de mettre les voiles pour une croisière incertaine. Sans aucun souci de sa durée ni de sa destination finale, il mène la vie d'un gentilhomme de fortune et endosse, au gré de sa fantaisie, les habits de dessinateur, littérateur, critique, peintre, directeur de Salon et illustrateur.
On perd sa trace en 1968 et certains le disent mort. Mais, tel le Hollandais Volant, il réapparaît ici et là, au hasard d'une exposition (- d'un blog -). De ses yeux bleus s'enfance, il cosntate la faillite permanente des pauvres terriens boiteux, rêveurs ingénus, créateurs de catastrophes bruyantes, et poursuit son long voyage imaginaire, seul et sans hâte."
Emmanuel Pollaud-Dulian.

N'oubliez pas de visiter le site qui lui est consacré :


syntheses-Bofa.jpg Parmi les ouvrages que j'ai pu consulter à la médiathèque se trouvaient Slogans et Synthèses litteraires et extra-littéraires. Deux ouvrages d'illustrations, le premier est un "pamphlet intemporel sur la lâcheté humaine et la bêtise des chefs de meutes", quant au second c'est l'ouvrage d'un critique littéraire : Gus Bofa "invente un équivalent dessiné de l'aphorisme". De grands auteurs et leurs oeuvres sont condensés dans un dessin le plus souvent somptueux. Il faut ainsi découvrir Oscar Wilde en gros bonhomme débonnaire, le monocle sur l'oeil, torse nu, le manteaux au bras et une valise à la main portant les initiales DG et à l'autre bras une femme sans tête sous son chapeau ; Rudyard Kipling en officer de l'armée des Indes, couvert d'un casque colonial ; Pierre Loti se cachant dans un décor de jungle exotique, etc.
Pour qui aime la littérature et les lettres, il y a dans cet ouvrage un plaisir certain. Je me suis précipité chez ma libraire préférée pour lui commander cet ouvrage réédité par Cornelius.
Gus Bofa a influencé nombre de dessinateurs célèbres dont Cabu, De Crécy, Blain, Dupuy et Berbérian et le plus évident d'entre eux Tardi, notamment pour leurs descriptions de la guerre des tranchées.

Synthèses litteraires et extra-littéraires
de Gus Bofa, Cornélius, Paris, 2003 - 23€.
Par Jean-François
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Dimanche 11 février 2007
Il y a quelques temps, je suis allé à la BNF, visiter une exposition merveilleuse : "Albert Dubout, le fou dessinant". Exposition éphémère (du 20 juin au 3 septembre 2006) et c'est bien dommage pour un hommage à un si grand dessinateur. Albert Dubout est vraiment un personnage hors du commun par son talent admirable. Tout le monde connaît ses dessins pour en avoir déjà vu : un chat montrant son petit trou du cul étoilé, une mégère et son petit mari, des foules innombrables et bigarrées...
Laure Beaumont-Maillet dans l'ouvrage conçu pour l'exposition affirme que « sa véritable gloire réside dans l'influence qu'il a exercée sur tous les dessinateurs du XXe siècle : Hergé, qui lui emprunta le personnage des deux Dupont (dans le Petit assassin illustré du 3 janvier 1931, on vit sous la plume de Dubout, des policiers à moustaches qui annonçaient les héros d'Hergé, lesquels n'apparurent qu'en 1934) ; Samivel, dont le style présente des analogies frappantes avec le sien ; Jacques Faizant, qui n'aimait pas Dubout, a nécessairement tiré de son travail ses vieilles dame corpulents et tyranniques, affublées de maris aussi menus que discrets. Mais pour tant de dessinateurs qui se défendent de cette hégémonie, combien la revendiquent clairement, de Loup qui crée avec jubilation des dessins de foules grouillantes (tout en se reconnaissant pour maître Edmond-François Calvo) , à Georges Wolinski, qui affirme lui devoir sa vocation ? ».
Albert Dubout a tout fait : dessins de presse, affiches, illustrations d'ouvrages, mais aussi dessin animé et cinéma.
Oui, vraiment cet homme et son oeuvre sont superbes et je vous invite à visiter le site que son fils Jean Dubout lui consacre  :

Vous trouverez une foule d'informations biographique et bilbiographique et des détails sur les expositions passées, en cours ou à venir.
Seules manquent des informations sur son livre sulfureux : L'oeuvre secrète. Georges Wolinski la décrit dans un entretien avec
Laure Beaumont-Maillet comme "un défoulement, un exutoire", "une peinture de l'humanité dans ce qu'elle a de plus ignoble" mais il ajoute que si ces dessins sont "dégueulasses" ils sont "sauvé(s) par la beauté du trait et une force comique rare". L'ouvrage, édité en petite quantité, chez J.J. Pauvert n'est plus disponible qu'à un prix exorbitant sur le marché de l'occasion (son prix normal est de 460 euros).
L'ouvrage suivant donne un bel aperçu des différentes facettes d'Albert Dubout et donne des informations biographiques.
Images © Dubout, www.dubout.fr

Albert Dubout, le fou dessinant, dirigé par Laure Beaumont-Maillet et Jean-François Foucaud, Hoëbeke, Bibliothèque nationale de France, Paris, 2006- 34,00 €
Par Jean-François
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Dimanche 28 janvier 2007
Winsor McCay (26 septembre 1871 - 26 juillet 1934) est dessinateur et scénariste de bande dessinée et réalisateur de films d'animation. Il est considéré comme un précurseur tant dans la bande dessinée que dans le dessin animé. Son oeuvre a influencé de nombreux dessinateurs comme Moebius ou Hayao Miyazaki. Pionnier du cinéma d'animation, son dessin animé Gertie le dinosaure est le premier à mettre en scène un personnage unique à la personnalité attachante, ce qui influença les premiers films de Walt Disney, Max Fleischer ou Osamu Tezuka. Je vous invite à regarder ce court métrage de Winsor McCay présentant Gertie le dinosaure :


Ce n'est que tardivement, vers 1897, après avoir été peintre - décorateur (pour la publicité et dans les fêtes foraines), que Winsor McCay publie ses premiers dessins (caricatures et SF) dans la presse locale de Cincinnati. Vers 1904 les premières planches de Petit Sammy éternue sont publiés dans les suppléments illustrés des journaux du dimanche. Dès que Sammy éternue il provoque une avalanche de catastrophes aussi désopilantes les unes que les autres. La série est conçue sur une suite de gags récurrents qui seront la trame de Little Nemo in Slumberland sa série phare. Entre les deux parait Le Rêve de l'amateur de fondue au Chester. Little Nemo in Slumberland sera publié de 1905 à 1913 dans le New York Herald et lui permet d'aborder des thèmes qui lui sont chers : illusions, architectures utopiques, onirisme... Nemo s'endort chaque soir et fait des rêves extravagants qui se terminent systématiquement par un réveil brutal : la dernière case de chaque planche montre ainsi Little Nemo éveillé dans son lit. Bien que se présentant comme une bande dessinée enfantine (rappelant en certains aspects Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll), Little Nemo in Slumberland est loin d'être un simple conte pour enfants et aborde des sujets sombres, irréels et parfois violents, fortement influencés par la psychologie et l'étude des rêves.


En cliquant sur les liens suivants vous aurez plein de surprises.... Sur le site de Coconino vous trouverez informations et extraits, dont des animations et l'intégralité de Sammy éternue.
Afin de compléter vos connaissance lisez la biographie en BD scénarisée par Thierry Smolderen et dessinée par Jean-Philippe Bramanti (4 tomes - Delcourt) dont vous trouverez aussi des images (résumé du T1, intégralité du T2, esquisses du T3) sur le site de Coconino.
Lire un article de Thierry Smolderen paru dans les Cahiers de la Bande Dessinée (n°78, novembre-décembre 1987
).
Enfin un ouvrage aux
Impressions Nouvelles sous forme de recueil, où tout le gotha de la BD s'est retrouvé pour un vibrant hommage à Little Nemo pour son centenaire.
Enfin les éditions Horay proposent un large choix de BD de
Winsor McCay.
Bibliographie

Bandes dessinées

  • Le petit Sammy éternue (1904-1906) 
  • Cauchemars de l'amateur de fondue au Chester (1904-1913)
  • Henrietta l’affamée (1905)
  • L'Homme à la valise (1905-1910)
  • Little Nemo in Slumberland (1905-1914)
  • Pauvre Jake (1909-1911)

Films d'animation

  • Little Nemo (1911)
  • Winsor McCay, the Famous Cartoonist of the N.Y. Herald and His Moving Comics (1911)
  • Comment opèrent les moustiques (1912)
  • Gertie le dinosaure (1914)
  • Le Naufrage du Lusitania (1915)
  • Le Rêve de l'amateur de fondue au Chester (1921)
  • Le Rêve de l'amateur de fondue au Chester: The Pet (1921)
  • Le Rêve de l'amateur de fondue au Chester: The Flying House (1921)
  • Le Rêve de l'amateur de fondue au Chester: Le Vaudeville des bestioles(1921)
  • Gertie on Tour (1921)
  • Flip's Circus (1921)
  • The Centaurs (1921)
  • The Midsummer's Nightmare (1922)
Par Jean-François
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Mardi 2 janvier 2007
Georges Colomb, dit Christophe est né le 25 mai 1856 à Lure en Haute-Saône, il meurt des suites d’une occlusion intestinale le 3 janvier 1945 à Nyons. Il est un des précurseurs de la bande dessinée en France.
 
Lorsqu'il publie ses premiers dessins dans Mon Journal, en 1887, Georges Colomb est professeur de sciences naturelles et sous-directeur de l'Institut de Botanique de la Sorbonne. Pour ses activités de dessinateur, il recourt au pseudonyme de Christophe, en référence à un autre Colomb célèbre. Deux ans plus tard, il crée La Famille Cornouillet pour le Journal de la Jeunesse. Cette série est la matrice de La Famille Fenouillard, qui paraît, entre 1889 et 1893, dans Le Petit Français Illustré, journal édité par la Librairie Armand Colin à l'intention des écoliers et de leur famille. Ces séries n'ont tout d'abord, d'autres buts que d'agrémenter la lecture de ces journaux.
Christophe est partisan d'une pédagogie fondée sur le dessin. Publié dans le Journal de la Jeunesse, puis dans Le Petit Français Illustré, suivant le schéma devenu classique de la bande d'images placées au-dessus du texte correspondant.
Le texte des œuvres de Christophe se caractérise par un vocabulaire extrêmement recherché, et par ailleurs riche en allusions culturelles, littéraires, historiques et géographiques autant que scientifiques. Le calembour subtil y a aussi ses droits au service d'un humour parfois loufoque (Les malices de Plick et Plock), parfois satirique (La Famille Fenouillard), mais toujours empreint d'ironie et de tendresse.
 
Repris en album dès 1893 chez Armand Colin, La Famille Fenouillard marquera toute une époque par son humour. En créant un équilibre entre le noir et le blanc, il ouvre la porte à la bande dessinée en planches et à toute celle du XXe siècle. Après La Famille Fenouillard, Christophe nous donnera les inénarrables aventures du Sapeur Camember (cliquez donc sur le site de la Confrérie du Sapeur), celles du Savant Cosinus, ainsi que Les Malices de Plick et Pluck. Le chien Sphéroïde du savant Cosinus est dans la lignée des chiens de Töpffer et préfigure les chiens de nos BD actuelles tels que Milou et Idéfix.
Christophe a aussi illustré de façon très spirituelle des récits délirants dont il n’était pas l’auteur : Le Triomphe de Bibulus, Les Trois Miracles d’Osiris et L’Héritage du Cousin Agathias, multipliant les anachronismes savoureux. Qu'est ce que cela ?
Mais c'est
l'anémélectroreculpédalicoupeventombrosoparacloucycle,
la plus célèbre et la plus farfelue des inventions
du savant Cosinus.

Citation du Sapeur Camember (1896) : Nonobstant, m'sieur l'major, que la discipline mélétaire elle n'est pas subséquente de la chose, j'voudrais vous serrer la pince.

Un article de Pascal Ory, professeur à l'université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, sur le portail de la Culture (le lien a disparu).
Allez sur le site
Gallica, de la BNF, afin d'y feuilleter les aventures de la Famille Fenouillard.
Par Jean-François
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