
Autant Perfect
Blue pouvait nous faire penser parfois à un film de Brian De Palma, autant avec ce nouvel opus on perçoit une vision
très cinéphilique dans la mise en scène de Satoshi Kon. Loin des effets spéciaux courants dans l'animation japonaise classique, les films de
Satoshi Kon se construise avec des artefacts digne du cinéma d'acteurs. Il donnent une ampleur et une dimension très humaine à ses personnages de
papier.
Millennium Actress prolonge en quelque sorte le propos du précédent film en abordant aussi le monde du spectacle. Deux journalistes de télévision se rendent chez une
vieille dame pour un interview. Ex-grande vedette de cinéma, vivant aujourd'hui loin des feux de la rampe médiatique, la vieille femme évoque alors son parcours. Le réalisateur lui remet une
petite boite contenant une clé. Cette dernière va nous ouvrir les portes de plusieurs histoires. Celle, avec un grand H, de l'Histoire du Japon au XX° siècle et celle plus intime du destin
professionnel et privée de l'actrice qu'elle fut. Cette clé ayant appartenu à un fugitif recèle bien des mystères. Cet homme rencontré pendant son adolescence, dans un Japon en trouble, fut
aimé par la jeune femme. Elle le poursuivra toute sa vie après cette unique et brève rencontre.
Les deux journalistes vont suivrent - physiquement - la vieille femme dans ses évocations.
Millennium Actress est une admirable fable sur la destinée. Mêlant adroitement mélodrame et fresque historique, en instillant une pointe de fantastique,
Satoshi Kon nous offre un film d'animation époustouflant et chaleureux. Point de violence, dans cet opus, mais sa construction le destine à un public
aguerri (adolescence). Satoshi Kon nous entraîne dans une histoire du Japon et de son cinéma, en utilisant des procédés cinématographiques (flash
back, montage) sans pour autant avoir recours aux multiples possibilités spécifiques à l’animation.
Ses deux premiers films sont riches et inventifs, ambitieux et réussis. Ils évoquent autant des parcours individuels que des sujets de société, en abordant notamment de façon critique la société
du spectacle. Confusions des sens et des sentiments s'affirment comme une signature du réalisateur.
Un billet sur Asiepassion. le site du
film.
Millennium Actress
Satoshi Kon, Dreamworks, Japon, 1h27 - 2001.
Par Jean-François
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Allez, c'est dit cet été sera asiatique, après les manwha, deux films d'un réalisateur japonais talentueux.
Le premier long métrage de Satoshi Kon (今 敏), Perfect Blue(1997), est un polar formidable, un thriller psychologique même, pour un
public grands ados et adultes.
Mina est une chanteuse pop au faite de sa gloire au sein de son groupe Les Chams. C'est alors qu'elle décide de changer d'orientation et souhaite devenir actrice. Mais nombre de ses fans sont
mécontents et de nombreux assassinats déciment son entourage immédiat. Pour corser le tout Mina est empêtrée dans une tendance à la schizophrénie qui l'oblige à affronter un "double" (une sorte
de conscience intérieure) qui dénigre les choix qu'elle fait. Mina joue un rôle difficile (une femme victime de viol et meurtrière à son tour) pour un téléfilm. Cette interprétation interfère
avec sa vie, tant et si bien que nous sommes obligés de fournir un effort conséquent pour démêler le faux du vrai, l'imaginaire de la réalité (des réalités). L'intrigue entremêle ainsi les
différents niveaux de conscience des personnages et joue avec le spectateur et sa capacité à percevoir ces différents niveaux. Cela contribue grandement au bonheur de voir un tel film et cette
capacité à entremêler imaginaire et réalités perçues ou vécues va devenir la marque de fabrique de Satoshi Kon.
Le scénario est extraordinaire, à la limite hitchkockien sur certains aspects, mêlant des ambiances inquiétantes et insoutenables avec des moments de grâce admirablement bien dessinés, soutenu
par une musique excellente.
Il y a longtemps, Paprika, un autre film tout aussi foisonnant et psychologique de Satoshi Kon et
bientôt Millenium actress.
Un article très complet sur Satoshi Kon sur dvdanime, deux autres articles sur film de culte et
sur asiepassion.
Perfect blue
Satoshi Kon, Japon, Metropolitan, 1h21, 16/9 Compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, - 1998.
Par Jean-François
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Ub Iwerks
(1901 - 1971) était animateur et producteur américain. Il est surtout connu pour son travail avec et pour Walt Disney. Il est le créateur graphique de
Mickey Mouse, d'Oswald le lapin chanceux et de Flip la grenouille.
Ub Iwerks
était un fou de dessin capable de produire 700 dessins par jour alors que la moyenne d'un professionnel des
années 1990 est plutôt entre 80 et 100 par semaine.
Ses dessins animés ont été produits par son propre studio après sa séparation avec Walt Disney.
Outre les aventures comiques de Flip the frog, dont la ritournelle ne vous quittera plus, vous trouverez dans ComiColor des adaptations très réussies des contes de
fées et récits populaires réalisées avec humour et génie.
Ces courts-métrages ont été tournés en cinécolor qui est un procédé de couleur bichrome utilisant uniquement le
rouge et le vert. En effet, Walt Disney
avait jusqu’à la fin de 1935 l’exclusivité du technicolor trichrome.
Pour les amateurs de vieux cartoons, vous serez servis car Ub Iwerks était un pionnier de ce genre de dessins animés. De plus ComiColor représente une des toutes
premières réalisations comprenant des adaptations de contes sous la forme de courts métrages, et c'est une réussite.
Les versions sont originales (en anglais) et sous-titrées. Les enfants s'en accommodent très bien.

Méfiance, vous risquez de passer de très bon moment avec ces personnages animés et surtout de faire un bon dans le temps : celui des bon vieux cartoons.
ComiColor et Flip the frog
Ub Iwerks, Etats-Unis : MK2, de 1930 à 1936. Chaque coffret contient 2 DVD, de 83 mn à 152 mn. Couleur et Noir et
blanc.
Par Jean-François
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Dimanche 21 décembre 2008
Courrez vite voir Mia et le Migou en famille, c'est un film magnifique abordant de façon simple et
sérieuse des sujets et des préoccupations contemporains tout en ne négligeant pas le côté magiques des contes. Les Migous sont des créatures imaginaires formidables, les émotions sont riches
(deuil, abandon, injustice, peur, pardon, joie, tristesse, espérance...) : mes enfants ont été comblés (8 et 10 ans) et leurs parents aussi.
L'animation classique (à l'ancienne, pas d'images numériques) est maîtrisée et sérieuse comme à l'habitude des
studio Folimage.
Je n'en dis pas plus, je vous laisse au plaisir de la découverte des aventures de Mia et de son copain Aldrin.
Allez juste en lire ce qu'en pense les enfants de CE2, CM1 et CM2 de l'école
du Talhouët sur leur blog.
Le site de Mia et le Migou, celui de
Folimage.
Mia et le Migou
de Jacques-Rémy Girerd, studio Folimage, sorti décembre 2008, distribué par Gebeka Films.
Par Jean-François
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On en cause...