Animation, dessin animé, anime

Jeudi 27 août 2009


Autant Perfect Blue pouvait nous faire penser parfois à un film de Brian De Palma, autant avec ce nouvel opus on perçoit une vision très cinéphilique dans la mise en scène de Satoshi Kon. Loin des effets spéciaux courants dans l'animation japonaise classique, les films de Satoshi Kon se construise avec des artefacts digne du cinéma d'acteurs. Il donnent une ampleur et une dimension très humaine à ses personnages de papier.
Millennium Actress prolonge en quelque sorte le propos du précédent film en abordant aussi le monde du spectacle. Deux journalistes de télévision se rendent chez une vieille dame pour un interview. Ex-grande vedette de cinéma, vivant aujourd'hui loin des feux de la rampe médiatique, la vieille femme évoque alors son parcours. Le réalisateur lui remet une petite boite contenant une clé. Cette dernière va nous ouvrir les portes de plusieurs histoires. Celle, avec un grand H, de l'Histoire du Japon au XX° siècle et celle plus intime du destin professionnel et privée de l'actrice qu'elle fut. Cette clé ayant appartenu à un fugitif recèle bien des mystères. Cet homme rencontré pendant son adolescence, dans un Japon en trouble, fut aimé par la jeune femme. Elle le poursuivra toute sa vie après cette unique et brève rencontre.
Les deux journalistes vont suivrent - physiquement -  la vieille femme dans ses évocations.

Millennium Actress est une admirable fable sur la destinée. Mêlant adroitement mélodrame et fresque historique, en instillant une pointe de fantastique, Satoshi Kon nous offre un film d'animation époustouflant et chaleureux. Point de violence, dans cet opus, mais sa construction le destine à un public aguerri (adolescence). Satoshi Kon nous entraîne dans une histoire du Japon et de son cinéma, en utilisant des procédés cinématographiques (flash back, montage) sans pour autant avoir recours aux multiples possibilités spécifiques à l’animation.

Ses deux premiers films sont riches et inventifs, ambitieux et réussis. Ils évoquent autant des parcours individuels que des sujets de société, en abordant notamment de façon critique la société du spectacle. Confusions des sens et des sentiments s'affirment comme une signature du réalisateur. 

Un billet sur Asiepassion. le site du film.

Millennium Actress
Satoshi Kon, Dreamworks, Japon, 1h27 - 2001.


Par Jean-François
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Vendredi 7 août 2009


Allez, c'est dit cet été sera asiatique, après les manwha, deux films d'un réalisateur japonais talentueux.

Le premier long métrage de Satoshi Kon (今 敏), Perfect Blue(1997), est un polar formidable, un thriller psychologique même, pour un public grands ados et adultes.
Mina est une chanteuse pop au faite de sa gloire au sein de son groupe Les Chams. C'est alors qu'elle décide de changer d'orientation et souhaite devenir actrice. Mais nombre de ses fans sont mécontents et de nombreux assassinats déciment son entourage immédiat. Pour corser le tout Mina est empêtrée dans une tendance à la schizophrénie qui l'oblige à affronter un "double" (une sorte de conscience intérieure) qui dénigre les choix qu'elle fait. Mina joue un rôle difficile (une femme victime de viol et meurtrière à son tour) pour un téléfilm. Cette interprétation interfère avec sa vie, tant et si bien que nous sommes obligés de fournir un effort conséquent pour démêler le faux du vrai, l'imaginaire de la réalité (des réalités). L'intrigue entremêle ainsi les différents niveaux de conscience des personnages et joue avec le spectateur et sa capacité à percevoir ces différents niveaux. Cela contribue grandement au bonheur de voir un tel film et cette capacité à entremêler imaginaire et réalités perçues ou vécues va devenir la marque de fabrique de Satoshi Kon.
Le scénario est extraordinaire, à la limite hitchkockien sur certains aspects, mêlant des ambiances inquiétantes et insoutenables avec des moments de grâce admirablement bien dessinés, soutenu par une musique excellente.

Il y a longtemps, Paprika, un autre film tout aussi foisonnant et psychologique de Satoshi Kon et bientôt Millenium actress.

Un
article très complet sur Satoshi Kon sur dvdanime, deux autres articles sur film de culte et sur asiepassion.
 
Perfect blue
Satoshi Kon, Japon, Metropolitan, 1h21, 16/9 Compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, - 1998.


Par Jean-François
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Mercredi 24 juin 2009

Soirée en famille au cinéma, samedi dernier, pour voir Coraline, dessin animé de Henry Selick (L'étrange Noël de Mr Jack, James et la pêche géante...), adapté d'un roman de Neil Gaimanque j'avais lu il y a quelques années. Ce roman fantastique, était inquiétant et passionnant, abordant des sujets graves sur les questions de confiance au sein de la famille.
Le film est admirable en tout point. On pense parfois à Tim Burton (Noces funèbres) et ses univers glauques. Chez
Henry Selick l'étrange vire aussi au merveilleux avant de redevenir inquiétant : tout ce qu'il faut pour un bon conte. Le merveilleux était, à mon souvenir moins présent dans le livre de Neil Gaiman.

Coraline vient d'aménager avec ses parents dans une grande maison où vivent déjà d'autres locataires. Ses parents sont plus préoccupés par leur travail que par leur fille, et Coraline se trouve rapidement désoeuvrée, à compter les portes et fenêtres de la maison. C'est alors qu'elle découvre, sous la tapisserie une porte dérobée qui mène à un autre monde caché dans les murs de la maison. Elle y trouve une "autre" mère et un "autre" père qui semblent être très attentionné envers elle, Coraline aurait enfin trouvé les parents idéaux ? Quelle étrangeté semble poindre dans l'attitude de sa "nouvelle" mère ? Et ce jeune garçon qu'elle a rencontré aux alentours de la maison, que fait-il ici ? Il semblait tellement bavard auparavant , pourquoi ne dit-il plus rien ? Coraline pourra-t-elle retourner dans son vrai monde ?

L'animation est splendide. Des marionnettes, des couleurs, des personnages savoureux, des situations cocasses, tendres, inquiétantes donnent à ce film une dimension fantastique affirmée. La peur rode, tapie, constamment présente, mais l'humour est loin d'être absent et permet au film de passer allègrement auprès des plus jeunes (à partir de 7 - 8 ans). Formidable réussite et très bon moment en famille.

Pleins de billets chez Véro (un peu long le billet), Julien, Karine (le livre), Lily, Pascal (le livre), Virginie (qui préfère la VO, elle n'a pas tort, nous l'avons vu en VO et avec les enfants - 8 et 10 ans - ça s'est très bien passé), Allie (le livre) et enfin Gachucha (le livre aussi et qui  n'a toujours pas rouvert sa porte...).

Coraline
Henry Selick, adapté de Neil Gaiman, film américain, 1h40, 2009.


Par Jean-François
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Jeudi 14 mai 2009
Un homme est envoyé dans l’espace et abandonné pour des raisons purement mercantiles par le chef de la mission. Ce dernier nourrit des ambitions personnelles démesurées. Son retour vingt ans plus tard est empreint de vengeance et marqué par le bonheur de retrouver sa fille. Cette dernière, devenue une jeune femme très séduisante, est astronome. Elle va aider son père et tenter de comprendre comment il a pu s’en sortir. Le récit de ce dernier est particulièrement étrange et réserve bien des surprises…

Ce film d’animation de Bill Plympton est complètement déjanté. Les animations aux crayons de couleur sont admirables, les trouvailles visuelles inédites, sidérantes et surréalistes.
Sexe, violence, capitalisme, science-fiction et humour sont les ingrédients de ce dessin animé d'aventures loufoques pour adulte et adolescent. A voir sans crainte de s'ennuyer et sans complexes.


Les mutants de l’espace
Bill Plympton, CNC, 2001,
1h 23min, film américain.

Par Jean-François
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Mercredi 14 janvier 2009

Ub Iwerks (1901 - 1971) était animateur et producteur américain. Il est surtout connu pour son travail avec et pour Walt Disney. Il est le créateur graphique de Mickey Mouse, d'Oswald le lapin chanceux et de Flip la grenouille.
Ub Iwerks était un fou de dessin capable de produire 700 dessins par jour alors que la moyenne d'un professionnel des années 1990 est plutôt entre 80 et 100 par semaine.
Ses dessins animés ont été produits par son propre studio après sa séparation avec
Walt Disney.

Outre les aventures comiques de Flip the frog, dont la ritournelle ne vous quittera plus, vous trouverez dans ComiColor des adaptations très réussies des contes de fées et récits populaires réalisées avec humour et génie.

Ces courts-métrages ont été tournés en cinécolor qui est un procédé de couleur bichrome utilisant uniquement le rouge et le vert. En effet, Walt Disney avait jusqu’à la fin de 1935 l’exclusivité du technicolor trichrome.

 

Pour les amateurs de vieux cartoons, vous serez servis car Ub Iwerks était un pionnier de ce genre de dessins animés. De plus ComiColor représente une des toutes premières réalisations comprenant des adaptations de contes sous la forme de courts métrages, et c'est une réussite.


Les versions sont originales (en anglais) et sous-titrées. Les enfants s'en accommodent très bien.

Méfiance, vous risquez de passer de très bon moment avec ces personnages animés et surtout de faire un bon dans le temps : celui des bon vieux cartoons.

 



Le plein d'informations sur le site du festival d'Annecy, dans Les lois de la gravité et sur le blogue de Benoit Piette, enfin, une foule d'extraits vidéo sur you tube.

ComiColor et Flip the frog
Ub Iwerks,
Etats-Unis : MK2, de 1930 à 1936. Chaque coffret contient 2 DVD, de 83 mn à 152 mn. Couleur et Noir et blanc.

Par Jean-François
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Jeudi 25 décembre 2008

Trois courts métrages d'animation sur le thème de la liberté. Leur particularité est de présenter des scènes chorégraphiées. Deux femmes et un homme, trois histoires différentes proposant chacune un espace et un temps pour une chorégraphie. Arnaud Demuynck a travaillé avec des danseurs et des chorégraphes. Leurs prestations ont été filmées et les animateurs ont ensuite dessiné leurs mouvements : c'est une réussite parfaite. Chaque histoire propose un style de dessin différent qui s'accorde admirablement avec la danse de ses personnages.

Signes de vie (2004) raconte le lent travail de deuil d'une femme qui vient de perdre son amour. Ce dernier amour semble l'accompagner, comme une brume voletant autour d'elle. La détresse est profonde, l'idée de le rejoindre dans la mort n'est pas loin. Alors que son désespoir est à son comble, là, au bord d'une falaise, la jeune femme redécouvre à nouveau le goût de vivre grâce au vent qui vient danser avec elle. Le dessin change lors des scènes chorégraphiées, il se fait esquisse... et fait penser très fortement à celui d'Edmond Baudoin.

A l'ombre du voile (2006), écrit lorsque le débat sur le port du voile faisait rage, propose un point de vue engagé sur cette question. Dans une famille musulmane, l'heure de se rendre à la manifestation contre l'interdiction du port du voile réunit le père, la mère et leur jeune fille. A leur retour, dans leur jardin, la mère se dévoile et danse devant sa fille, en l'invitant à en faire de même...

L’Évasion (2007) conte l'histoire d'un homme emprisonné luttant pour sa liberté. Son codétenu subit régulièrement les tourments de ses geôliers. Une colombe vient le visiter régulièrement aux barreaux de sa fenêtre, mais ironiquement ne s'intéresse qu'aux miettes de pain que le prisonnier lui donne. Lors d'un transfert, il tente de s'évader et se réfugie sur le toit de la prison. Là, commence son ballet pour défier ses matons et leur signifier son émancipation : la danse, le défi ne peuvent être brisés par la privation de liberté. L'homme en dansant se fait oiseau, le dessin se fait aussi chouette !

Ces trois petits bijoux d'animation sont à mettre entre toutes les mains. Ils sont artistiquement parfaitement réussis (danse, dessin et animation) et abordent des thèmes forts et porteur de discussions et d'échanges.

à voir sans modération...

Vous retrouverez de nombreux bonus, tous très intéressants :
- Trois interviews d’Arnaud Demuynck réalisées par France 2 dans « Histoires courtes » à l’occasion des diffusions télé.
- Les montages vidéo des chorégraphies originales de Cécile Loyer et Thomas Lebrun.
- La première fiction chorégraphique d’Arnaud Demuynck, L’Écluse.
- Une émission réalisée par Canal 9 autour du travail de production de L’Évasion.
Dans le coffret, près d’une heure vingt de programmes et un livret pédagogique avec de nombreuses approches critiques.

Le site des films du Nord, des extraits de
Signes de vie, A l'ombre du voile et de L'Évasion, sur le site Toondra  (premier site de VOD dédié au court métrage d'animation) que je vous conseille vivement : vous pouvez télécharger pour une somme vraiment modique des courts métrages d'animation et visionner gratuitement des extraits.

La trilogie chorégraphique
Aranud Demuynck, Les films du Nord, 2007.
DVD 5 / Pal / toutes zones / format 4/3 et 16/9 / 78 minutes.



Par Jean-François
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Dimanche 21 décembre 2008

Courrez vite voir Mia et le Migou en famille, c'est un film magnifique abordant de façon simple et sérieuse des sujets et des préoccupations contemporains tout en ne négligeant pas le côté magiques des contes. Les Migous sont des créatures imaginaires formidables, les émotions sont riches (deuil, abandon, injustice, peur, pardon, joie, tristesse, espérance...) : mes enfants ont été comblés (8 et 10 ans) et leurs parents aussi.
L'animation classique (à l'ancienne, pas d'images numériques) est maîtrisée et sérieuse comme à l'habitude des studio Folimage.

Je n'en dis pas plus, je vous laisse au plaisir de la découverte des aventures de Mia et de son copain Aldrin.


Allez juste en lire ce qu'en pense les enfants de CE2, CM1 et CM2 de l'école du Talhouët sur leur blog.

Le site de Mia et le Migou, celui de Folimage.

Mia et le Migou
de Jacques-Rémy Girerd, studio Folimage, sorti décembre 2008, distribué par Gebeka Films.

Par Jean-François
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