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Les faux-monnayeurs - André Gide

4 Juillet 2011 , Rédigé par Jean-François Publié dans #Romans

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41MVR4G623L._SL500_AA300_.jpg 

Souvent certaines de mes lectures me dirigent vers d’autres lectures. La découverte de Klaus Mann, fils de Thomas Mann, dans le recueil «   Aujourd'hui et demain », de sa francophilie, de son esprit visionnaire sur l’idée d’une Europe politique, de sa clairvoyance sur les affaires politiques internes de son pays l’Allemagne dans les années 1930, de ses fuites vers la France puis les États-Unis et des ses rencontres avec André Gide et ses écrits magnifiant l’esprit de cet homme de lettre si important dans la première moitié du XX° siècle français et européen, m’a naturellement conduit à (re)découvrir certains de ses livres.

Les faux-monnayeurs est un livre présenté comme majeur dans la littérature. Il est effectivement atypique, étrange, tout en étant aujourd’hui commun tant dans sa construction que dans son propos. Ce roman est aussi présenté comme étant l’une des références majeure du courant du Nouveau Roman. Il introduit une narration non linéaire et multiple, avec de nombreux personnages (on peut compter sur au moins trois personnages principaux (Olivier, son oncle Édouard et son ami Bernard) qui mènent chacun leur vie, aux côté de nombreux autres personnages secondaires que nous suivons aussi de temps en temps. Les moments racontés de leur existence ayant ou non un rapport avec les trois principaux personnages. Le roman se clôt sur un drame vécu par l’un de ses personnages secondaires, montrant ainsi que le voulait André Gide, l’impossibilité à traduire de façon romancé le monde réel… puisque le roman fini, la vie des personnages continue indépendamment de ce qui est raconté… (Un thème qui est cher, aussi, à Pierre Bayard).

 

La lecture de ce roman est passionnante, André Gide introduit des thèmes classiques (l’amitié, l’homosexualité – ce qui ne l’était pas à l’époque de la parution du roman : 1925 –, la passion, la famille, l’ambition…) et les aborde avec en plus une réflexion sur le métier d’écrivain. L’oncle Édouard est écrivain, il tente d’écrire un roman, intitulé « Les faux-monnayeurs » et s’interroge sur son travail : à quoi sert-il de décrire le vivant et comment le peut-on ? Si Édouard semble ne pas y arriver, André Gide y réussi parfaitement.

 

Une adaptation télévisuelle a été réalisée par Benoit Jacquot et proposée sur France 2 en ce début d’année (pas vue).

 

Une description des personnages et des intrigues sur Wikipédia (que je ne vous conseille pas si vous souhaitez lire le livre prochainement, mais utile pour pouvoir en parler ou le conseiller – si vous êtes bibliothécaire par exemple et que vous avez fait votre l’adage de Pierre Bayard dans son livre éponyme : « Comment parler des livres que l’on a pas lus ? ».

 


Les faux-monnayeurs

André Gide, Gallimard, Folio n°879, 1925 – 7,30 €

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