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Le Génépi et l'Argousier

Attention Danger Travail - Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe

12 Juillet 2009 , Rédigé par Jean-François Publié dans #Cinéma documentaire


En ces temps de débat parlementaire sur la question du travail du dimanche, voici un film qui apporte un éclairage particulier.

Pierre Carles
, Christophe Coello et Stéphane Goxe ont réuni des extraits de films, les leurs et d'autres parmi lesquels : Paroles de Bibs, En finir avec la chaîne ?, Avec le sang des autres, Le RMI c'est la vie... pour construire un condensé présentant une idée pas si bête.

Et si le travail n'était pas utile ! 

Pourrions-nous être heureux au chômage, au RMI, sans se lever chaque matin pour aller bosser ? Nous savions déjà que le travail est plus aliénant que libérateur, bouffeur de temps de surcroît, malgré ce que peuvent en dire les patrons, politiques et nombre de syndicalistes.

Pourtant, dès que l'on choisit de vivre sans travail, on passe aux yeux de tous, aux yeux de la société, pour un parasite. En sera-t-il un jour autrement ? Pour avoir été au chômage plusieurs fois dans ma vie, pour avoir travaillé en CDD pendant plus de 8 ans, de façon saisonnière (je travaillais pour les loisirs des autres), j'ai toujours considéré mes périodes « d'inactivité » comme très fructueuses, tant sur le plan social que personnel. L'inactivité de ces périodes ne peut se considérer qu'au niveau de l'angle du travail ; j'étais loin d'être inactif, les choix de vie (pas de foyer, pas de maison, pas de loyer) que j'avais à l'époque me permettait même de voyager. Ces périodes ont été intenses pour moi, en termes d'apprentissage, de lecture, de compréhension (affirmation de soi, conscience politique, construction de mon adhésion à une pensée athée). Mais elles m'ont aussi marginalisé au sein même de ma famille, j'étais une sorte de mouton noir. Je n'ai commencé à obtenir une certaine légitimité que lorsque j'ai obtenu mon premier CDI.

C'est vous dire si le discours de ce film résonne en moi, et combien il me montre la fatuité de ma vie actuelle. Je comprends d'autant mieux que ce qui me manque le plus cruellement c'est du temps. Bien évidemment, j'ai la chance de faire un boulot non abrutissant et qui me plaît. Mais je ne supporte pas les propos de certains. Ceux qui veulent nous faire croire que le but ultime de la vie de tout un chacun se trouve dans le travail, que "travailler plus" peut nous permettre de "gagner plus". Mais gagner quoi au juste ? Ne sommes-nous pas en train de perdre la vie en nous escrimant à la gagner ?

Finalement quoi de plus philosophique que cette interrogation ? N'y a-t-il pas d'autres chemins vers le bonheur ou la sérenité que celui du travail ?
N'est ce pas le bon moment, alors qu'un nombre croissant de travailleurs se retrouvent au chômage, que les inégalités sont de plus en plus criantes, que les écarts entre les riches et les pauvres s'accroissent, les premiers s'enrichissent, les seconds s'appauvrissent, n'est-il pas salutaire de montrer à ces derniers qu'il existe peut-être une autre porte de sortie ? Et que ces patrons, amoraux et sans vergogne, ne viennent pas donner des leçons à ceux qui ont fait ce choix honorable, à mon sens.

Prenez le temps de voir ce film et de découvrir Pierre Carles et ses acolytes et de découvrir ses autres films : Volem rien foutre al païs et Qui dit mieux ?

www.rienfoutre.org

Attention Danger Travail
Par Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe, avec Dupain, Jocelyne Lemaire-Darnaud, Pierre Merejkowsky, le MEDEF, Bruno Muel, Kiki Picasso, Alain Rabéchault, André Szöts, Loïc Wacquant.

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dissertation 22/07/2009 14:52

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Lo 15/07/2009 11:22

Je me souviens avoir vu ce film au ciné il y a quelques années, j'avais beaucoup aimé cette démonstration et ces témoignages de personnes pour qui le mot "vivre" n'a pas le sens capitaliste qu'on veut souvent lui donner.Je suis bien d'accord avec vous, et je comprend ce sentiment de gêne quand l'entourage n'admet pas cette réalité....

Jean-François 15/07/2009 17:31


@ Cathe, Marie et Lo : voyez nous ne sommes pas seuls, nombreux sont ceux qui pensent comme nous mais n'osent le dire, car la "valeur travail" est encore trop ancrée dans nos mentalités. La
valorisation du travail, tout comme de celles la famille et de la patrie (ça ne vous rappelle rien) sont des idées qui sentent mauvais le totalitarisme et le fascisme. La société des loisirs,
nous sommes en train de la construire. Le dimanche est pour moi un jour comme un autre (pas de signification religieuse particulière), par contre le repos hebdomadaire est indispensable :
travailler ce jour-là pourrait être une bonne idée si cela concernait les activités de loisirs et de rencontres (instalations sportives et culturelles, restaurants...). Mais cela doit se faire avec
des compensations inaliéanbles pour les travailleurs : paye conséquente ou récupration importante !
à suivre...


Marie 15/07/2009 09:06

Tu prêches pour une convaincue ! J'essaierai de découvrir les films de Pierre Carles.Je fais partie des quelques privilégiées qui travaillent encore 35 heures par semaine. je serais prête à renoncer à une partie de mon salaire plutôt que de travailler plus ! Hélas, je n'ai pas trouvé la solution pour travailler encore moins... En tous les cas, je boycoterai toujours avec énergie les magasins ouverts les dimanches et jours fériés !

cathe 12/07/2009 10:33

Ton article est très intéressant Jean-François ainsi que tes réflexions personnelles. Cela me rappelle les discussions avec de la famille lointaine revue l'an dernier qui ne comprenait pas que l'on souhaite travailler moins même en ayant moins d'argent, pour avoir du temps. Pour eux on était des fainéants (ils ne nous l'ont pas dit comme ça, mais bon...) de ne pas vouloir travailler beaucoup pour avoir beaucoup d'argent, une belle maison, un quatre-quatre..... Et quand on disait en fin de soirée qu'on allait lire avant de dormir.... alors là leurs yeux s'écarquillaient...!