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Le Génépi et l'Argousier

Home de Ursula Meyer, avec I. Huppert et O. Gourmet

10 Novembre 2008 , Rédigé par Jean-François Publié dans #Cinéma



Au coeur d'une campagne calme et désertique, une famille est installée dans une petite maison au bord d'une autoroute désaffectée. Elle vit des jours tendres et heureux. Le bitume est devenu salon de jardin, espace de jeux pour les enfants. La piscine se construit petit à petit, les enfants partent à l'école chaque matin en traversant l'autoroute en toute insouciance, l'aînée profite de bains de soleil sur un transat, du hard-rock plein les oreilles et le mari part travailler avec sa voiture, garée sur l'autoroute, en empruntant un chemin au milieu des prés.

Jusqu'au jour où... tout s'écroule.

Les hommes oranges arrivent, les machines déposent un nouveau bitume flambant neuf et la radio annonce l'ouverture prochaine de ce nouveau tronçon autoroutier. Les premiers temps, notre petit monde navigue entre perplexité et incrédulité. Puis le trafic s'intensifie, le bruit devient de plus en plus insupportable, de jour comme de nuit, les temps de repos sont perturbés, puis impossibles, les tensions s'exacerbent au sein de la famille. Il devient de plus en plus difficile pour chacun de supporter ces nouvelles conditions de vie.

Olivier Gourmet est fabuleux en père modèle, joueur, aimant mais terriblement fragilisé quand l'harmonie familiale en prend un coup. Isabelle Huppert est admirable, le personnage est fort et ambigu. Elle est le noyau familial autour de qui tourne tout son monde : un mari amoureux, son fils protégé, le dernier des enfants, et ses filles si différentes. Elles composent trois personnages féminins aux modes de vie et de pensée tellement étranges et singuliers et qui sont cependant les clés de lectures de ce film admirable.

Si le film démarre sur le ton de la comédie, la dramatisation des évènements apportent une forte dimension psychologique et laisse s'installer un malaise tenace. L'incertitude (comment croire à cette issue dramatique) laisse place à un crescendo tragique et brutal occultant la douceur et l'humour émanant des premiers instants du film.

Ursula Meyer signe là une formidable réussite (1er film), servie par des acteurs splendides et une mise en scène très bien construite et maîtrisée.

Rendez-vous sur Allo ciné pour extraits et infos complémentaires, puis chez Yohan (Livre et Cinéma), par Kilucru (Les irréductibles), par Chori (Lieux communs), un point de vue très négatif chez Anne du Périgord (Racines)...
Olivier Gourmet sur France Inter.

Home

de Usrula Meier. Avec Isabelle Huppert, Olivier Gourmet, Adélaïde Leroux, Madeleine Budd, Kacey Mottet, Jean-François Stévenin..., film français, belge, suisse, durée : 1h 37min. - 2007.

 


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snoring mouth guard 06/10/2014 11:59

Home directed by Ursula Meyer is a very good movie that describes about the life in city. This plot of this movie revolves around in a city in France. One day a huge traffic block appears in the city which made huge problems.

christophe. fétat 09/01/2009 07:36

Un film que je voulais aller voir mais malheureusement... Ta chronique me confirme qu'il était à voir. PLein de chroniques nouvelles sur ton blog, il faut décidement que je revienne avec un peu plus de temps devant moi pour tout lire.

véron 03/12/2008 15:34

oui , voilà la frontière ...fragile entre une vie très  particulière mais en équilibre et le dérapage vers des choses qui deviennent  "douleur".

véron 02/12/2008 15:38

j'ai beaucoup aimé ce film.
Pour moi il est une mise en images  ,un conte , pour plonger dans  le ressenti et les méandres  de certaines maladies mentales ... enfin je crois , je l'ai reçu comme ça , peut être parce que je me pose des questions a propos d'une amie malade....
ce billet aussi dit  bien....

Jean-François 03/12/2008 11:00


je ne suis pas sûr que la maladie soit le sujet du film, j'ai plutôt ressenti la fragilité affective et psychologique du personnage de la mère : une personne normale, mais qui s'enferre dans ses
certitudes au point d'entrainer toute sa famille qui perd individuellement tout sens de la raison... j'ai plutôt ressenti l'amour et la solitude (cette famille est seule, loin de tout et tous) que
la folie et la maladie. Mais il est ô combien vrai que la frontière est parfois si tenue. En tout état de cause, une bonne thérapie s'impose, qu'elle soit conduite par un thrapeute ou par des
décisions draconniennes qui ammènent des changements fondamentaux, peu importe. L'équilibre étant rompu par la mise en service de cette autoroute, il importe de le reconstruire, ailleurs,
autrement, que sais-je...


sylvie 17/11/2008 11:17

dès que j'ai lu des critiques, et le sujet, je dirais plutôt, le cadre .. J'ai eu envie de le voir.Le problème c'est que je vais trop rarement au ciné.Peut-être que je vais arriver à me bouger pour celui-là...Je voulais voir Séraphine aussi...

Jean-François 17/11/2008 13:20


Va le voir tu ne seras pas déçue


InFolio 13/11/2008 20:33

Ah, bé, je venias dire que l'affiche était superbe, mais voilà que je constate que ce commentaire ne sera pas très original... Ca fait presque SF cette autoroute au milieu de nulle part qui se réveille à la vie...

Jean-François 17/11/2008 13:20


c'est pourtant bien réel...


alain 11/11/2008 17:32

Poi aussi, j'ai beayucoup aimé. Le jeud des acteurs..

Jean-François 13/11/2008 14:05


Bi too


Rémi 11/11/2008 15:48

Bonjour,Moi aussi j'ai adoré ce film qui continue à me tenir compagnie, signe indéniable pour moi d'un film fort. Et je confirme le propos de Yohan sur la BO, aussi envoûtante que le film.J'en parle aussi chez moi...A bientôt. 

Jean-François 13/11/2008 14:05


un très beau billet, ma foi


Yohan 11/11/2008 12:36

Très belle affiche en illustration.Sinon, rien de plus à ajouter à ce billet sur ce très bon film, si ce n'est la bande originale qui vaut également le détour.

Jean-François 13/11/2008 14:02


@ kilucru et Yohan : l'affiche ? mais google image bien sûr !


kilucru 10/11/2008 22:30

Mince tu as dégotté une superbe affiche...Elle est suisse, je n'arrive pas à en trouver trace ?sinon une première oeuvre audacieuse et réussie, tu as raison,.. jusqu'à ce fantastique panoramique final !