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Le Génépi et l'Argousier

Le tour d'écrou de Henri James

28 Octobre 2007 , Rédigé par Jean-François Publié dans #Romans

Le-tour-d---crou.jpg Après la lecture de "Lire Lolita à Téhéran" je me suis embarqué dans une série de découverte d'auteurs américains. Henri James est le premier et Le Tour d'écrou le roman que j'ai choisi.
Pourtant ce n'est pas de celui-ci dont il est fait mention dans le livre d'Azar Nafisi. T
outefois j'ai cherché à m'imprégner des ambiances de ces auteurs afin de tenter de percevoir ce que pouvait ressentir des lecteurs iraniens qui les ont lu ou étudié. Point de prétention, seulement le désir de mieux comprendre le monde qui m'entoure.
La détermination de chacun à entrer dans l'imaginaire est un puissant moteur contre l'ignorance et les dictatures. La liberté se trouve partout, dans les espaces laissés entre les mots et les lignes, partout, où, quelles que soient nos croyances (y compris le refus de croyance), la fiction nous permet de prendre le recul nécessaire à une compréhension du monde qui soit autonome et différente de celle imposé par les pouvoirs en place (y compris chez nous en France, où nous vivons actuellement un grand moment de camouflage du réel).

Ce roman s'approche du fantastique, ou le concept de réalité est incertain. Il semble que les personnages ont prise sur le réel et réfutent le surnaturel, pourtant l'écart entre ce qu'ils vivent et ce qu'ils pensent vivre est perceptible. Le lecteur navigue sur un océan d'incertitude, sur le bord du monde, tantôt prêt à verser dans le pur fantastique avec des fantômes bien palpables (c'est possible ça ?), tantôt dans un récit psychologique où la folie demeure un phare qui illumine les personnages. Une jeune femme, Jane, issue d'un univers rural et pauvre est embauchée par un homme riche et secret pour s'occuper de ces deux neveux orphelins depuis peu. La jeune femme investit une grande maison emplie de domestiques et prend contact avec les enfants. Il s'avère que précédemment une autre femme, Miss Jessel, exerçait cette fonction de gouvernante, mais qu'elle a disparu brutalement ainsi qu'un autre des domestiques. Jane est persuadée que leurs revenants hantent la maison et souhaitent le mal des enfants. Se confiant à Mrs Grose, l'intendante, elle va n'avoir de cesse de protéger les enfants à leur insu. Mais Jane s'enferre dans une spirale infernale, jusqu'à soupçonner les enfants d'être de mèche avec les revenants.


Henri James écrit avec une économie de moyens et de mots qui rend le récit très percutant. La chute est incroyable.  Henri James a-t-il lu les écrits de Freud, son contemporain ? Etait-il au fait des théories sur l'inconscient ? S'en est il servi pour écrire ? Il me semble légitime de se poser ces questions. Quoiqu'il en soit Le Tour d'écrou reste un roman court et fort, où l'auteur, par le jeu d'un triple niveau de narration s'amuse à embrouiller ses lecteurs et la réalité avec délice. Un roman qui pose bien la question de la réalité face à la fiction, du pouvoir de l'imaginaire, de poids de l'autorité dans la construction de l'individu, de l'enferrement dans des convictions éronnées, de la pernicion des mondes clos et renfermé& sur eux-mêmes... Bien en phase avec l'Iran d''Azar Nafisi.

On en cause aussi chez Sylvie de Passion des livres, chez Beloved, chez Aimez vous lire ?, chez Nebelheim dans Plumes, chez  Domiwind, chez les rats de biblio.net et enfin chez Cuné aussi.

Le Tour d'écrou
de Henri james, Flammarion, GF n°1034, 1999 - 7,30 €

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ludovic 30/04/2010 14:05


une petite question,le nom de la gouvernante est present dans le livre?je ne lis a aucun moment le nom de Jane... il est en effet trés difficile en anglais...


Jean-François 02/05/2010 00:00



Désolé, je ne me souviens plus et je n'ai plus l'édition que j'avais lue sous la main. Peut-être une erreur de traduction, ou une interprétation ?



dasola 14/02/2008 18:07

Je l'ai eu au programme à l'université en langue anglaise, il y a 25 ans. C'est très dur à lire en anglais. Je connaissais ce roman auparavant : en français. Et puis le cinéma en a fait une adaptation très correcte avec Deborah Kerr et même Benjamin Britten en a fait un opéra. C'est une histoire dont on se souvient.

ekwerkwe 28/10/2007 15:44

C'est un roman remarquable à tous points de vue. Et le fait de ne jamais lever l'ambiguité, d'obliger le lecteur à choisir, puisqu'il faut bien que ce soit l'une ou l'autre des interprétations (le fantastique ou la folie)... C'est à la fois génial et angoissant!

Jean-François 28/10/2007 23:24

ekwerkwe, (entre nous, les autres ne comprendront pas...) je n'en laisse qu'un, tu ne m'en veux pas ...