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Le Génépi et l'Argousier

C'est pourtant pas la guerre de Maryline Desbiolles

11 Octobre 2007 , Rédigé par Jean-François Publié dans #Romans

c-est-pourtant-pas-la-guerre.jpgMaryline Desbiolles s’est promenée dans le quartier de l’Ariane, à Nice. Elle y a rencontré dix personnes, dix parcours de vie, dix destins intimement liés à ce lieu emblématique : un quartier périphérique, au bord d’une ville adossée aux montagnes et tournée vers la mer.
Si d’un côté de Nice, entre la ville et la mer, on découvre sa vitrine, la Promenade des Anglais, la plage, les grands hôtels, le faste et la renommée, de l’autre côté, avant d’atteindre les montagnes, se trouvent des « no man’s land » emplis de tout ce que la ville rejette : ses déchets, ses entreprises polluantes, ses pauvres gens. L’Ariane est un de ceux-là. Il n’est pas rare de trouver dans ses milieux populaires une forte implantation de minorités diverses : immigrés de toutes nationalités, gitans sédentarisés… C’est le foyer de solides communautés idéologiques et religieuses : le Communisme, puis l’Islam.

Les portraits de ces dix habitants de l’Ariane nous dépeignent un quartier difficile, oublié des politiques de la ville (c’est un quartier que l’on cache, qu’on aimerait voir disparaitre), mais où les gens ont développé une identité, un communautarisme fort, empreint de violence et de solidarité, de valeurs familiales et de déchirures sociales.

J’ai vécu à Nice et j’ai eu parmi mes amis des habitants de ce quartier : un couple d’enseignants à la famille recomposée et déchirée, un jeune homme maghrébin bourré de talent et tellement fragile et un homme sans âge devenu un Noé dans son « arche / appartement », offrant à des jeunes filles en mal avec leurs parents une barque pour se construire et se lancer dans la vie. J’ai connu trois sœurs qui ont vécu chez lui et sont aujourd’hui des papillons splendides et libres.

Chacun des dix habitant nous convie à partager un peu de son histoire intime à travers le filtre de l’écrivain qui engage ses propres réflexions et discours au fil des histoires. Les paroles ainsi mêlées de l’écrivain et des habitants font comme une symphonie où finalement le quartier, la ville, les immeubles, les rues, le fleuve sont les personnages principaux. Si je peux comprendre qu’il n’est pas aisé pour qui ne connait pas l’Ariane de se faire une idée du quartier (sans tomber dans des lieux communs que j'ai lu par ailleurs, des critiques faciles sur ce livre et surtout des clichés éhontés sur ce quartier), peu importe finalement, car leurs histoires auraient pu se dérouler dans n’importe quel autre quartier périphérique, tel ceux que je quitte aujourd’hui : les quartiers périphériques de Saint-Denis (Francs-Moisins, Saussaie Floréal Courtille…).

D’ailleurs, je ne vous étonnerai pas si je vous invite à suivre les fils laissés par Maryline Desbiolles dans ce quartier, sur les traces de Thésée, car il importe de vous garder du Minotaure, sans quoi, jamais vous ne pourrez retrouver Ariane.

... à lire pour compléter cette présentation : un article de J.L. Vannier et de Jean-Baptiste Harang
(Libé), une revue de presse sur Passiondulivre.com, des billets de blog du Clown navet, sur Lignes de fuite, de C.B. sur polarsetpollens et de Feint sur Zazieweb, enfin une présentation sur le site des étonnants voyageurs.

C’est pourtant pas la guerre, 10 voix + 1, recueil
de Maryline Desbiolles, Seuil, Collection Fiction & Cie, Paris, 2007 – 13,00 €.

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dominique 07/11/2007 13:28

Ce n'est pas très sympa cette réponse!

Jean-François 07/11/2007 17:29

L'idée n'est pas d'être déplaisant ou antipathique mais bien de préciser que l'on ne vient pas par hasard sur une telle lecture, l'"occasion" ne semble pas être l'approche la plus adéquate pour aborder cette lecture, mais je me trompe certainement... car je me trompe souvent... Je ne souhaitais pas vous blesser, si tel est le cas vous m'en voyez désolé...

dominique 27/10/2007 17:42

ça me plaît beaucoup ce que vous dites de ce livre ;j'ai bien envie de le lire à la première occasion.

Jean-François 28/10/2007 23:25

L'occasion ne doit pas forcément être première, si elle est réfléchie c'est encore mieux...

C B 18/10/2007 02:07

Bonjour,J'ai remis l'article consacré à "C'est pas la guerre", auquel vous faites référence. Merci à vous, et bravo pour votre site que je découvre.Bien cordialement,C B