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Le Génépi et l'Argousier

Gus Bofa et ses Synthèses littéraires et extra-littéraires

13 Juin 2007 , Rédigé par Jean-François Publié dans #Patrimoine

Bofa-.gifAutoportrait de Gus Bofa.
Lors des dernières vacances de printemps, je prenais le temps de découvrir une belle exposition intitulée
Gus Bofa "On verra bien" à la médiathèque de Lorient. Cette exposition était organisée par les éditions Cornélius et la médiathèque. Elle faisait partie d'un parcours de trois expositions à travers la ville. 
Voici l'occasion de découvrir ou redécouvrir un illustrateur de renom.

Les informations suivantes sont extraites d'un livret édité pour l'occasion par la médiathèque.

"
L'étrange cas du docteur Blanchot et de Mister Bofa
Gustave Blanchot naît en 1883 à Bordeaux, dans une famille où on est colonel de père en fils. Petit garçon rêveur et timide, il invente à 11 ans le personnage de Gus Bofa, dessinateur et ami des animaux. Tandis que Gustave Blanchot joue avec ses soldats de plomb et se voit déjà brillant officier de spahis soudanais, aimé des dames et des demoiselles, Gus Bofa, se moque de Napoléon et accomplit son service militaire avec une élégante désinvolture.
Le jour
Gustave Blanchot suit les conseils de sa famille et occupe les fonctions respectables de secrétaire d'une fonderie d'aluminium puis d'une mine de cuivre franco-espagnole. La nuit, Gus Bofa, qui ne veut rien faire, sinon ce qu'il lui plaît de faire, dessine des enfants, des lutins et des vagabonds pour des affiches publicitaires. S'ila rrive que le respectable Gustave Blanchot dirige des journaux drôles, Gus Bofa se fâche très vite avec leurs propriétaires et s'en va en claquant la porte. Lorsque survient la guerre, Gustave Blanchot joue les héros et tombe au champ d'honneur en décembre 1914.  Gus Bofa s'en sort de justesse. Revenu à l'état de mutilé translucide et décoloré, il réapprend à marcher, boxe sur une jambe et range dans un tiroir médailles et souvenirs, bien décidé à désormais vivre à sa guise. Débarassé de son alter-ego, il peut enfin céder à la merveilleuse paresse naturelle, que l'infortuné Gustave Blanchot tenait en bride.
Gus Bofa
consacre une vie, dont il a éprouvé l'étonnante vanité, à cultiver les vices rares et précieux que sont le dessin, l'écriture et la lecture, et rechercher la vérité humaine à travers l'absurde.
A ces activités éminemment anti-sociales il sacrifie sans hésiter la fortune et les honneurs, ainsi que l'estime de l'homme de la rue, passé, présent et à venir. On le voit s'acoquiner avec des mauvais garçons littéraires, des ironistes suspects et des fantaisistes notoires qui se nomment Pierre Mac Orlan, Jonathan Swift, Chas Laborde, Cervantès, Jules Pascin, Thomas de Quincey ou Jacques Perret.
Fixant définitivement son âge à 37 ans, il hisse le pavillon noir de lui-même et adopte pour devise "On verra bien", avant de mettre les voiles pour une croisière incertaine. Sans aucun souci de sa durée ni de sa destination finale, il mène la vie d'un gentilhomme de fortune et endosse, au gré de sa fantaisie, les habits de dessinateur, littérateur, critique, peintre, directeur de Salon et illustrateur.

On perd sa trace en 1968 et certains le disent mort. Mais, tel le Hollandais Volant, il réapparaît ici et là, au hasard d'une exposition (- d'un blog -). De ses yeux bleus s'enfance, il cosntate la faillite permanente des pauvres terriens boiteux, rêveurs ingénus, créateurs de catastrophes bruyantes, et poursuit son long voyage imaginaire, seul et sans hâte."
Emmanuel Pollaud-Dulian.syntheses-Bofa.jpg

N'oubliez pas de visiter le site qui lui est consacré :


Parmi les ouvrages que j'ai pu consulter à la médiathèque se trouvaient Slogans et Synthèses litteraires et extra-littéraires. Deux ouvrages d'illustrations, le premier est un "pamphlet intemporel sur la lâcheté humaine et la bêtise des chefs de meutes", quant au second c'est l'ouvrage d'un critique littéraire : Gus Bofa "invente un équivalent dessiné de l'aphorisme". De grands auteurs et leurs oeuvres sont condensés dans un dessin le plus souvent somptueux. Il faut ainsi découvrir Oscar Wilde en gros bonhomme débonnaire, le monocle sur l'oeil, torse nu, le manteaux au bras et une valise à la main portant les initiales DG et à l'autre bras une femme sans tête sous son chapeau ; Rudyard Kipling en officer de l'armée des Indes, couvert d'un casque colonial ; Pierre Loti se cachant dans un décor de jungle exotique, etc.
 
Pour qui aime la littérature et les lettres, il y a dans cet ouvrage un plaisir certain. Je me suis précipité chez ma libraire préférée pour lui commander cet ouvrage réédité par Cornelius.
Gus Bofa a influencé nombre de dessinateurs célèbres dont Cabu, De Crécy, Blain, Dupuy et Berbérian et le plus évident d'entre eux Tardi, notamment pour leurs descriptions de la guerre des tranchées.

Synthèses litteraires et extra-littéraires
de Gus Bofa, Cornélius, Paris, 2003 - 23€.

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Commenter cet article

Emmanuel 23/06/2007 19:57

Merci de votre compte-rendu de l'exposition Gus Bofa à Lorient et des "Synthèses littéraires". Merci aussi d'avoir signalé notre site.Cordialement.Emmanuel Pollaud-Dulian

Jean-François 23/06/2007 23:00

Ce fut un plaisir...

christophe fétat 14/06/2007 18:00

Sacrebleu ! trois articles lus et chacun m'a donné l'envie de découvrir les livres évoqués !  Bofa en particulier

Jean-François 15/06/2007 07:14

Nos goûts communs se confirmeraient-ils ?

sylvie 13/06/2007 21:44

merci pour cette jolie piste, je vais de ce pas faire un tour sur le lien que tu nous proposes. et puis je suis très curieuse de découvrir le "pamphlet intemporel sur la lâcheté humaine et la bêtise des chefs de meute"