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Le Génépi et l'Argousier

« Serge Moscovici » ou l’écologie subversive - Stéphane Lavignotte

22 Mars 2016 , Rédigé par Jean-François Publié dans #Serge Moscovici, #Stéphane Lavignotte, #écologie, #politique, #minorité, #nature, #Essais, documentaires, #Masse Critique

« Serge Moscovici » ou l’écologie subversive - Stéphane Lavignotte

Serge Moscovici, un des fondateurs de la psychologie sociale, est aussi un des théoriciens de l’écologie politique. Compagnon de route de René Dumont et Brice Lalonde, Serge Moscovici a notamment réfléchi sur les rapports entre l’homme et la nature. Cette dernière étant considérée comme une construction historique, l’être humain est dans une relation constamment discutée et négociée avec elle. D’où la promotion d’un ensauvagement du monde en rupture avec sa domestication et l’idée même de civilisation. Serge Moscovici s’est aussi intéressé, en lien avec ses recherches en psychologie sociale, à l’influence des minorités actives et expérimentales. Il a analysé les mouvements écologistes à l’aune de ses théories, comprenant l’échec de la politisation de ces mouvements au contraire de leur emprise grandissante dans la société.

 

Le livre se partage en deux parties à peu près égales. Une présentation de Serge Moscovici par Stéphane Lavignotte suivie d’un choix de textes illustrant les deux thèmes dominants de ses recherches et travaux : l’ensauvagement du monde et les rapports de l’être humain à la Nature et la dynamique des minorités actives dans le corps social. L’ouvrage est court, dense et bien construit. Textes et analyses se complètent et offrent un regard critique sur l’homme.

Extrait : SM interrogé l’écologie et les questions sociales…
« Quand on s’interroge sur le grand et le petit, que voulons nous ? La massification, c'est-à-dire la concentration de tout le monde dans des énormes villes ? Quand on parle de la pollution, à Paris, mais surtout à Mexico avec ses 20 millions d’habitants, le problème fondamental, c’est celui de la massification. Poser le problème de l’agriculture et de quel type d’agriculture. Des inégalités. Mais prenons un autre problème, celui du temps. Le problème du temps, les cycles, c’est important dans le rapport à la nature, c’est quand même aussi le bien-être physique des gens qui est en question. Je pense que nous sommes peut-être parmi les premiers à avoir proposé la semaine des 32 heures. Mais quand on pose la question de la semaine de 32 heures, est-ce que c’est un problème quantitatif ou d’organisation de la vie ? De même, on sait aussi que grâce à l’hygiène, aux découvertes de la science, on arrive à un rallongement de la vie. Les gens se demandent si on aura de l’argent pour payer les retraites mais il faudrait se demander ce que sera la vie pour quelqu’un qui vit en bonne santé jusqu’à 80-90 ans. Que vont faire les gens arrivés à un certain âge ? Vont-ils tous devenir téléspectateurs ? De même, il faut poser la question de la famille. Celle de la ville. Et pas seulement comme question une question d’architecture, il faut penser le problème urbain en soi. Je pense que les écologistes doivent penser à tout ça en introduisant quelque chose auquel les gens ne pensent pas : le problème du rythme et du temps. Les gens pensent uniquement dans l’«espace ». Il y a énormément de problème sociaux qui ne sont pas que quantitatifs… »

« Serge Moscovici » ou l’écologie subversive

Stéphane Lavignotte, Le passager clandestin, collection Les précurseurs de la décroissance, 2016 – 8,00 €

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