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Le Génépi et l'Argousier

Moi, assassin - Antonio Altarriba & Keko

18 Février 2016 , Rédigé par Jean-François Publié dans #Bandes dessinées, #Antonio Altarriba, #Keko, #crime, #art

Moi, assassin - Antonio Altarriba & Keko

« Tuer n’est pas un crime.

Tuer est un art. »

Ainsi débute une histoire passionnante, réflexion sur l’art, la violence et la mort. Avec un incipit de DAF de Sade qui se termine par cette phrase : « Cette manie bizarre de faire le mal pour le seul plaisir de le faire est une des passions de l’homme la moins comprise et par conséquent la moins analysée et que j’oserais cependant croire possible de faire rentrer dans la classe commune des délires de son imagination. »

Enrique Rodriguez Ramirez, professeur d’art, directeur d’une revue dédiée à la présentation de la douleur dans la peinture occidentale, membre du groupe de recherche Art et Cruauté, est l’invité d’honneur d’un congrès sur l’art du Baroque et de la Renaissance intitulé La représentation du corps souffrant !

Tout un programme…

Sur le chemin de l’université, Enrique vient de commettre un meurtre, en pleine rue et en toute impunité. Un acte qui se rapproche d’une œuvre d’art, une sorte d’intervention publique, mais anonyme. Geste cruel et gratuit. Personnage désintéressé, insensibilisé que nous allons découvrir petit à petit dans son quotidien professionnel et intime. Un homme seul, qui le devient de plus en plus après le départ de sa femme et la jalousie de ses collègues d’université, et qui va se consacrer de plus en plus méthodiquement à son art.

Dépeignant le monde universitaire avec brio nos deux auteurs en donnent une image précise où dominent toutes les passions humaines : désir, ambition, jalousie, pouvoir… emmenant leur personnage principal au point de rupture lorsqu’il se trouve impliqué dans le meurtre d’un de ses collègues et rival. Difficile pour Enrique de se sortir de ce mauvais pas.

En utilisant un noir & blanc pur et dur (une proximité évidente avec Joe Miller et son Sin City), rehaussé de quelques tâches rouges ponctuant le chapelet des crimes du héros Altarriba et Keko signent une bande dessinée sombre et captivante : aventure esthétique réussie et conceptuellement osée avec ses réflexions sur l’art et le crime. 

Moi, assassin

Antonio Altarriba & Keko, Denoël Graphic, 2014 – 19,90 €

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